Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS lors du point presse sur la Covid-19 - 5 février 2021

À l'échelle mondiale, le nombre de vaccinations a maintenant dépassé le nombre d'infections signalées. Mais plus des trois quarts de ces vaccinations ont lieu dans 10 pays seulement qui représentent près de 60 % du PIB mondial. Environ 130 pays, où vivent 2,5 milliards de personnes, n'ont pas encore administré une seule dose.

Mercredi, le COVAX a publié ses prévisions pour la distribution de vaccins aux pays participants. Les pays sont prêts, mais les vaccins ne sont pas là. Il faut que les pays partagent les doses une fois qu'ils auront fini de vacciner les agents de santé et les personnes âgées.

Il faut aussi une augmentation massive de la production. Les fabricants peuvent faire plus : après avoir reçu des fonds publics substantiels, nous encourageons tous les fabricants à mettre leurs données et leur technologie à disposition pour garantir un accès équitable aux vaccins à l'échelle mondiale.

Et nous appelons les entreprises pharmaceutiques à transmettre leurs dossiers à l'OMS plus rapidement et plus complètement qu'elles ne l'ont fait, afin que nous puissions les examiner pour les autorisations d'utilisation d'urgence

Bonjour, bon après-midi et bonsoir.

Au début de la semaine, le capitaine Sir Tom Moore est mort de la COVID-19.

Comme vous le savez, à l'approche de son centième anniversaire, le capitaine Tom avait décidé de récolter 1000 livres sterling pour le National Health Service du Royaume-Uni en faisant 100 fois le tour de son jardin. Il a fini par collecter plus de 30 millions de livres.

Pour moi, le capitaine Sir Tom représente deux choses :

La première, c'est que tout le monde peut changer la donne, qu'il s'agisse de recueillir des fonds, de motiver les autres, d'informer le grand public ou tout simplement de décider de rester à la maison pour protéger les autres.

La deuxième, c'est que le capitaine Sir Tom a montré combien comptent les personnes âgées et tout ce qu'elles apportent au monde dans lequel nous vivons.

Mais on entend un discours inquiétant dans certains pays. On entend que ce n'est pas grave si les personnes âgées meurent.

Si, c'est grave. Personne n'est sacrifiable. Chaque vie est précieuse, indépendamment de l'âge, du sexe, du revenu, du statut juridique, de l'origine ethnique ou de tout autre critère.

Et c'est pourquoi il est si important que, partout, les personnes âgées soient vaccinées en priorité.

Les personnes les plus exposées au risque de maladie grave et de décès dus à la COVID-19, y compris les agents de santé et les personnes âgées, doivent passer en premier - et elles doivent passer en premier partout.

À l'échelle mondiale, le nombre de vaccinations a maintenant dépassé le nombre d'infections signalées.

En un sens, c'est une bonne nouvelle, et une prouesse remarquable en si peu de temps.

Mais plus des trois quarts de ces vaccinations ont lieu dans 10 pays seulement qui représentent près de 60 % du PIB mondial.

Près de 130 pays, où vivent 2,5 milliards de personnes, n'ont pas encore administré une seule dose.

Certains pays ont déjà vacciné une grande partie de leur population moins exposée au risque de maladie grave ou de décès.

Tous les gouvernements ont l'obligation de protéger la population de leur pays.

Mais une fois que les pays qui ont des vaccins auront vacciné les agents de santé et les personnes âgées, la meilleure façon de protéger le reste de la population est de partager les vaccins afin que d'autres pays puissent faire de même.

La raison en est que plus on met de temps à vacciner les personnes les plus à risque partout, plus il y a de chances que le virus mute et échappe aux vaccins.

Autrement dit, si l'on ne supprime pas le virus partout, on risque de se retrouver à la case départ.

Mercredi, le COVAX a publié ses prévisions pour la distribution de vaccins aux pays participants.

C'est un moment très stimulant. Les pays sont prêts, mais les vaccins ne sont pas là.

Il faut que les pays partagent les doses une fois qu'ils auront fini de vacciner les agents de santé et les personnes âgées.

Mais il faut aussi une augmentation massive de la production. La semaine dernière, Sanofi a annoncé qu'il mettrait ses infrastructures de fabrication à disposition pour faciliter la production du vaccin Pfizer/BioNTech. Nous appelons d'autres laboratoires à suivre cet exemple.

Les sociétés pharmaceutiques peuvent aussi délivrer des licences non exclusives pour permettre à d'autres producteurs de fabriquer leur vaccin - ce mécanisme a déjà été utilisé pour élargir l'accès aux traitements contre le VIH et l'hépatite C.

Le Groupement d'accès aux technologies contre la COVID-19, ou C-TAP, permet l'octroi volontaire de licences de technologies selon des modalités non exclusives et transparentes en fournissant aux développeurs une plateforme pour échanger leurs connaissances, leurs biens de propriété intellectuelle et leurs données.

Cet échange de savoir et de données pourrait permettre d'utiliser immédiatement des capacités de production inexploitées et aider à mettre en place des pôles de fabrication supplémentaires, en particulier en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

L'augmentation de la production à l'échelle mondiale rendrait également les pays pauvres moins dépendants des dons des pays riches.

Nous vivons une époque sans précédent et nous applaudissons les fabricants qui se sont engagés, par exemple, à vendre leurs vaccins au prix coûtant.

Mais les fabricants peuvent faire plus : après avoir reçu des fonds publics substantiels, nous encourageons tous les fabricants à mettre leurs données et leur technologie à disposition pour garantir un accès équitable aux vaccins à l'échelle mondiale.

Et nous appelons les sociétés pharmaceutiques à transmettre leurs dossiers à l'OMS plus rapidement et plus complètement qu'elles ne l'ont fait, afin que nous puissions les examiner pour les autorisations d'utilisation d'urgence.

===

Vendredi dernier, nous avons entendu des agents de santé ougandais et pakistanais qui attendent d'être vaccinés.

Aujourd'hui, nous sommes heureux d'accueillir deux agents de santé de pays à revenu élevé qui ont été vaccinés.

Tout d'abord, j'aimerais vous présenter le professeur Gabriel Gold, qui travaille dans un service de gériatrie à l'hôpital des Trois-Chêne, ici à Genève.

Professeur Gold, merci de vous joindre à nous. Parlez-nous, s'il vous plaît, de votre expérience pendant la pandémie et de vos espoirs pour votre travail et pour l'ensemble monde maintenant que vous avez été vacciné.

[DÉCLARATION DE GABRIEL GOLD AUX MÉDIAS]

Merci beaucoup, Professeur Gold, et je suis heureux de pouvoir compter sur votre soutien pour accélérer le déploiement des vaccins à l'échelle mondiale.

Maintenant, à notre deuxième invitée, Cindy Frias. Cindy Frias est infirmière spécialisée en santé mentale à la Clinique hospitalière de Barcelone.

Cindy, nous sommes impatients de vous entendre parler de votre expérience professionnelle dans le domaine de la santé mentale durant la pandémie et de savoir ce qu'être vacciné a signifié pour vous.

[DÉCLARATION DE CINDY FRIAS AUX MÉDIAS]

Merci, Cindy. Muchas gracias. Nous savons que beaucoup de gens se sont sentis isolés durant la pandémie et le travail que vous faites, en tant qu'infirmière spécialisée en santé mentale, est d'une importance cruciale.

Je remercie encore une fois nos deux invités d'aujourd'hui. Nous sommes heureux que vous ayez tous les deux été vaccinés et que vous soyez en mesure de continuer à faire votre travail si important. Et merci à vous deux pour l'appel clair que vous avez lancé pour que les agents de santé du monde entier soient vaccinés.

Fadela, c'est à vous.

Plus de: WHO

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.