Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS lors de la 27e réunion annuelle du Comité exécutif de la collaboration tripartite Organisation mondiale de la santé animale (OIE) - 17 février 2021

Dre Monique Eliot, Directrice générale de l'OIE,

M. Qu Dongyu, Directeur général de la FAO,

Mme Inger Andersen, Directrice exécutive du PNUE,

Chers collègues et amis,

Je tiens tout d'abord à remercier Monique et l'Organisation mondiale de la santé animale d'être les hôtes de la réunion d'aujourd'hui.

Celle-ci a lieu à un moment crucial.

La pandémie de COVID-19 montre de façon évidente que la santé des êtres humains, la santé des animaux et la santé des écosystèmes sont étroitement liées.

Naguère, beaucoup de gens pensaient peut-être que le principe « Un monde, une santé » n'était qu'un concept.

Ce n'est plus le cas.

La prévention des pandémies futures passe obligatoirement par un principe « Un monde, une santé » que nous partageons, intégrant la santé publique, la santé animale et l'environnement.

Il est temps de faire évoluer notre partenariat.

Le principe « Un monde, une santé » ne doit pas être qu'un concept. Il doit être appliqué au niveau local dans les systèmes qui améliorent la sécurité des populations.

Environ 70 % des agents pathogènes émergents et réémergents sont zoonotiques, et nous ne savons pas quand la prochaine menace - la prochaine maladie X - apparaîtra.

Il est clair, cependant, que le principe « Un monde, une santé » ne doit pas être appliqué exclusivement aux zoonoses.

Nous ne pouvons pas protéger la santé humaine sans tenir compte de l'impact des activités humaines qui perturbent les écosystèmes, empiètent sur les habitats et favorisent les changements climatiques : pollution, déforestation et extraction à grande échelle, intensification de l'agriculture et de l'élevage, usage excessif ou inapproprié des antibiotiques et modalités de production, de consommation et de commercialisation des aliments.

Conformément au principe « Un monde, une santé », l'OMS souhaite mettre davantage l'accent sur les liens avec l'environnement, comme indiqué dans ses Recommandations pour un monde en meilleure santé et plus soucieux de l'environnement après la COVID‑19.

Paradoxalement, la pandémie de COVID-19 nous offre une occasion exceptionnelle de susciter un réel changement.

Le principe « Un monde, une santé » sera au cœur des prochaines réunions du G7 et du G20.

Nous avons besoin de plus d'informations scientifiques, de meilleures données et de politiques plus audacieuses dans plusieurs secteurs, et d'une approche tenant compte de l'ensemble des pouvoirs publics et de la société.

Les attentes à l'égard de la collaboration tripartite et la nécessité d'une coopération efficace n'ont jamais été aussi importantes.

L'arrivée du Programme des Nations Unies pour l'environnement dans notre groupe apportera des compétences et des capacités de sensibilisation dont nous avons bien besoin.

L'OMS est favorable à toute modification nécessaire au protocole d'accord de 2018.

Cette année, nous avons également constaté que la collaboration est plus étroite aux niveaux régional et national et que des progrès ont été accomplis dans nos domaines d'activité communs. La création du forum « Tous unis contre la rage » (en anglais) en est un exemple.

Nous continuons de progresser dans la mise en place des structures de gouvernance nécessaires pour contrer la menace que représente la résistance aux antimicrobiens.

Le Groupe de direction mondial a tenu sa première réunion cette année, et nous débattrons aujourd'hui de la façon d'accélérer la création du Groupe indépendant sur les données probantes concernant les mesures de lutte contre la résistance aux antimicrobiens.

Nous renforçons également notre action conjointe grâce à un cadre stratégique quinquennal et aux résultats obtenus par les pays par l'intermédiaire du Fonds d'affectation spéciale pluripartenaires contre la résistance aux antimicrobiens.

Enfin, l'OMS soutiendra la création du Conseil d'experts de haut niveau chargé de la question « Un monde, une santé », dont elle est prête à accueillir le secrétariat, en coopération avec les membres de la collaboration tripartite élargie.

Ce Conseil aura principalement pour rôle de formuler des recommandations sur les mesures prioritaires à l'intention des quatre organisations, quand le PNUE aura rejoint la collaboration tripartite, et de favoriser le consensus et la coopération.

Nous devons également veiller à ce que toutes les organisations partenaires disposent des ressources nécessaires pour jouer ce rôle ensemble.

Pour sa part, l'OMS investira davantage en faveur du principe « Un monde, une santé » et, dans le cadre de ses programmes et initiatives sur les maladies, du GOARN, d'INFOSAN et d'autres réseaux techniques, elle amènera des partenaires à participer au renforcement des personnels pour l'alerte et la riposte en cas de flambées, suivant le principe « Un monde, une santé ».

Nous sommes à la croisée des chemins. Nous devons tirer parti de cet élan pour renforcer le principe « Un monde, une santé », dont la santé publique et la prévention des maladies sont des éléments essentiels.

Merci encore à vous tous pour votre partenariat et votre leadership.

Si la pandémie nous a appris quelque chose, c'est que nous sommes plus forts ensemble.

Je vous remercie et j'attends avec intérêt les débats d'aujourd'hui.

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