Gabon: MBIGOU - Entre mesures gouvernementales et abus des corps habillés

22 Février 2021

L'une des mesures anti-covid prise par le gouvernement gabonais est le port obligatoire de bavette, de protection dans les endroits publics sous peine d'amende.

C'est pour veiller à l'application de cette mesure que les forces de l'ordre de Mbigou, dans le département de la Boumi-Louétsi, situé dans la province de la Ngounié, ont fait une descente sur le terrain pour arrêter les indélicats. La population de cette partie du pays estime que les agents font de l'abus d'autorité.

C'est au cours de la semaine du 8 au 14 février 2021 que les force de l'ordre de Mbigou secondé par celle de Malinga ont sillonné les villages pour s'assurer du respect des mesures barrières. Plusieurs personnes ont été arrêtées et conduites à la gendarmerie de Mbigou. Leur libération était conditionnée par soit le paiement de l'amende soit par des travaux forcés dont le débroussaillage. « Il est déjà difficile d'enseigner une classe de plus de 100 élèves, avec la bavette on suffoque et les narines chauffent. La voie devient aigue et un mal de gorge arrive à force de s'égosiller » Révèle un enseignant qui a été arrêté au moment où il a baissé légèrement sa bavette pour prendre un peu d'air.

A côté, un groupe d'enseignants demande au gouvernement de mettre à leur disposition du matériel audio adapté comme dans les universités faute de quoi les apprenants recevront juste les résumés des cours sans explications.

Le Directeur de l'école communale A de Mbigou, selon les témoignages, a aussi été interpelé devant l'inspection alors qu'il sortait d'une réunion du colloque des directeurs d'école. Toujours selon les témoignages, il avait juste baisser sa bavette pour prendre un peu d'air et surtout pour expliquer à sa collègue certaines incompréhensions.

Enseignants et populations se plaignent de l'abus des interpellations car une fois arrivé au poste de gendarmerie, l'amende est de suite demandée. « C'est devenu un business pour ceux qui appliquent la loi et vous savez que nous sommes en malheur. Les militaires ont tué un des nôtres à Libreville, Iloko Gislain. Et vu les exactions sur nous, nous sommes en colère. Nous ne refusons pas de respecter les mesures gouvernementales, mais nous refusons la brimade et autres abus. Qu'ils fassent leur travail sans abus, attention au lion blessé. De la manière où nous sommes endeuillés, nous aussi nous pouvons endeuiller d'autres familles » s'exprime en colère un septuagénaire notable auprès du chef canton .

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