Madagascar: Andry Rajoelina - Pour le « patriotisme économique »

Le président malgache a pris part au 20e Forum Economique International sur l'Afrique qui s'est tenu hier en format numérique.

« Investir pour une relance durable en Afrique ». C'est le thème du forum qui a été organisé hier par l'OCDE avec la participation des décideurs politiques africains, des investisseurs, d'universitaires, de la société civile et des organisations internationales. Et en partenariat avec le Sénégal.

Partage d'expériences. « Je tiens à féliciter et à remercier le président Macky Sall pour son leadership et son engagement à œuvrer pour une Afrique dynamique et émergente », a déclaré d'emblée le numéro Un malgache dans son intervention. Une rencontre en ligne pour respecter les mesures barrières dictées par la Covid-19. « Les initiatives de partage d'expériences et d'échanges telles que celle-ci nous permettront de nous concerter dans la mise en place de stratégies adéquates pour faire face aux effets de la pandémie et pour relancer l'économie de l'après-Covid-19 », souligne-t-il.

Stratégies. « Le bien-être de nos populations doivent être au cœur de nos réflexions et de nos stratégies », estime le président Andry Rajoelina. Dans sa note de présentation, l'OCDE de souligner que « les stratégies post-Covid doivent s'attaquer à deux obstacles majeurs à la croissance durable à long terme en Afrique : la dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs et l'incapacité des secteurs économiques formels à créer suffisamment d'emplois de qualité ».

Unité Africaine. Le locataire d'Iavoloha partage l'avis de l'Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) en déclarant que « l'Afrique doit aujourd'hui capitaliser sur les enseignements de cette crise pour accélérer l'industrialisation du continent et considérer l'autonomie alimentaire, énergétique et sanitaire comme une urgence continentale et nationale. Cela, pour construire une Afrique autosuffisante et donner un nouveau souffle à la vision de « l'Afrique que nous voulons ». En trouvant ensemble des solutions permettant de se relever de la crise. Et en faisant preuve d'« Unité Africaine et surtout de patriotisme économique ».

Horizon 2023. En ce qui concerne la solution trouvée par Madagascar, Andry Rajoelina de rapporter que « nous avons ainsi décidé d'encourager et de soutenir la recherche scientifique malgache ainsi que nos chercheurs. C'est dans cette logique que nous avons mis en place en octobre 2020, l'usine pharmaceutique Pharmalagasy. Une grande fierté pour notre grande île. Le premier produit de Pharmalagasy est le CVO+ en gélule, issu de l'artemisia annua. Une plante endémique de Madagascar. Avec cette dernière, nous avons la capacité de traiter et prévenir de nombreuses maladies telles que le coronavirus, le paludisme ou la bilharziose. L'usine peut produire 32 millions de gélules par jour et nous visions à lancer à l'horizon 2023, plus d'une dizaine de médicaments qui répondront aux besoins des Malgaches ».

« Made in Madagascar ». Continuant sur sa lancée, le président de la République a fait savoir que « Madagascar doit produire localement tout ce dont les Malgaches ont besoin au quotidien ». Et de citer l'exemple du projet « One District, One Factory » qui vise à l'industrialisation de chaque collectivité territoriale décentralisée. Ou encore l'usine « Gasycar » qui aura pour ambition de fabriquer des voitures « Made in Madagascar » répondant aux normes requises. Il a aussi fait part de « la transition numérique effective à Madagascar », notamment par la mise en place de « la digitalisation de tous les services publics ». Ce qui cadre avec le Rapport de l'OCDE sur « le potentiel de la transformation digitale pour créer des emplois de qualité et réaliser l'Agenda 2063, en vue de renforcer la résilience des économies africaines face à la récession mondiale déclenchée par la pandémie de Covid-19 ».

Fracture sociale. Le président Andry Rajoelina a touché « maux » des conséquences sociales de la pandémie qui a entraîné « l'accentuation de la fracture sociale au sein des communautés ». Les moyens de subsistance des ménages, ajoute-t-il, ont été considérablement réduits par les mesures restrictives de la gestion de la pandémie. « Des mesures qui furent difficiles mais nécessaires et vitales pour la protection de la population ». Et d'indiquer que « les classes moyennes tendent à disparaître et trop de familles basculent dans la précarité totale ».

Plus de: Midi Madagasikara

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