Sénégal: Libre propos - La com', talon d'achille du président Sall !

24 Février 2021
analyse

«L'institution de lâcheté» ! Ce qualificatif que l'ancien président de la République de la France, François Hollande avait donné à la Justice avait outré les Magistrats et poussé son auteur à présenter des excuses. Nos confrères du journal Le Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, avaient donc, vu juste en intitulant leur livre de 700 pages, fruit d'une soixantaine d'heures d'entretiens avec le tombeur de Nicolas Sarkozy, «Ce qu'un président de la République ne devrait pas dire»

Au Sénégal, le président de la République, Macky Sall qui est «une redoutable bête politique, un monstre froid qui avance masqué», pêche pourtant dans le domaine de la communication. Pis, disons le net : la communication est le véritable Talon d'Achille du Chef de l'Etat. Sa dernière sortie sur les ondes de Rfi avec notre confrère Alain Foka en est une parfaitement illustration.

D'abord, c'est sur la vaccination des Sénégalais, dont le coup d'envoi a été donné hier, par son ministre de la Santé et de l'Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr. Face à la psychose qui ne cesse de monter, à cause d'une mauvaise communication autour des différents vaccins, qui renvoie à la guerre froide et sa fameuse course vers l'espace entre l'Occident et le bloc soviétique, beaucoup de Sénégalais s'attendaient à ce que le Premier d'entre eux, montre la voie à suivre, en se faisant vacciner. Comme l'ont fait du reste, ses homologues parmi lesquels, Joe Biden (78 ans), Benyamin Netanyahou (71 ans), Recep Tayyip Erdoan (66 ans), pour ne citer que ceux-là. Alors futur président des Etats-Unis, Biden avait reçu le 21 décembre de l'année dernière, la première dose d'un vaccin devant les caméras de télévision. Toute une stratégie de communication avait été déployée pour un seul but : convaincre les Américains de suivre son exemple, alors que le pays a enregistré près d'un demi-million de décès dus à la pandémie.

Avant lui, le premier ministre Benyamin Netanyahou, avait donné le coup d'envoi de la campagne nationale de vaccination contre ce virus en se faisant administrer le vaccin développé par les sociétés BioNTech/Pfizer à l'hôpital Sheba, situé à Ramat Gan, près de Tel-Aviv. Comme Biden, Netanyahou et autres Chefs d'Etat dans le monde entier, les Sénégalais s'attendaient à voir au 20 heures, sur la RTS1 et sur toutes les chaines de télévisions privées, leur Chef montrer la voie. Comme il l'avait fait du reste pour les cartes d'identités numérisées et/ou passeports de la Cédéao. D'autant plus, c'est lui-même qui s'est rendu à l'aéroport international Blaise Diagne pour réception le vaccin du laboratoire chinois Sinopharm, avec une efficacité estimée à 79 %.

Mais cette fois, le Président Sall a refusé d'être le «cobaye» et il le justifie par une question de transparence. «Je vais me vacciner immédiatement. (Mais) je ne suis pas dans la cible première. Je suis président de la République, je dois pouvoir être le premier à être vacciné, mais je dis à mon ministre de la santé : «je veux une transparence absolue sur le processus de vaccination».

Abasourdi, le journaliste qui avait insisté sur la question, tourne la page et embraye sur l'affaire Sonko. Là aussi, les Sénégalais vont apprendre que le Leader du Pastef est le «pire adversaire» du Président de la République. De quoi apporter de l'eau au moulin à tort ou à raison aux Théoriciens de la thèse du complot dans l'affaire dite «Sweet Beauté». Il faut noter que la Communication n'est pas le dada du Chef de l'Etat du Sénégal. Entre les affaires mises sous coude ; la volonté et/ou le désir de gracier Khalifa Sall ; des menaces de la contrainte par corps contre Karim Wade ; sans occulter le «ni oui, ni non» sur le 3ème mandat, Macky Sall a brillé par des maladresses qui étonnent plus d'un. Surtout pour un président de la République qui est entouré par de très grands communicants dont Idrissa Seck a eu le culot de qualifier de «dames de compagnie».

POST-SCRIPTUM

Au moment où les pays riches, surtout les Etats-Unis et l'Union Européenne, s'accaparent du vaccin en faisant des commandes massives chez les firmes pharmaceutiques, elles aussi complices, pour des raisons de rentabilité, mettant à l'écart les pays africains, le Sénégal a préféré offrir 20 % de ses doses à la Gambie et la Guinée-Bissau. Une belle générosité Sud-Sud que nous saluons et encourageons afin qu'elle fasse tache d'huile.

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