Afrique: UE-Afrique - Quel partenariat stratégique pour 2021 ?

L'année 2021 marque le renouvellement de la stratégie commune entre l'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA). Dans un contexte de pandémie mondiale et face au défi de la transition écologique, les pays africains et européens tracent les lignes directrices de leurs coopérations futures.

L'un des risques soulevés par la société civile est que les discussions se déroulent en vase clos, sans la prise en considération des communautés locales.

En raison de la pandémie de Covid-19, le sommet UE/UA, prévu en octobre 2020 a été reporté. La précédente rencontre a eu lieu en 2017 à Abidjan (Côte d'Ivoire). Les deux commissions, africaine et européenne, s'étaient déjà fixées sur les points stratégiques de leur politique commune en 2020. Ces éléments devraient servir de base aux négociations pour le prochain sommet. Dernièrement, la commission du développement sur l'éducation, l'agriculture, le genre, l'allègement de la dette et la migration, a arrêté sa position sur la future relation entre l'UE et l'UA, déclarant: « l'Europe et l'Afrique doivent s'affranchir de la relation donateur-bénéficiaire ».

En mars prochain, le Parlement européen va à nouveau discuter et voter un projet de résolution. L'Union européenne a toujours insisté sur l'importance d'un partenariat renforcé avec les Etats africains à travers les conclusions de son Conseil de juin 2020 sur les relations UE-Afrique, au moyen de plans d'actions périodiques, sur la base des feuilles de route élaborées et approuvées par l'Union africaine et européenne (2014-2017 et 2018-2020).

Un partenariat renforcé

La pandémie de Covid-19 a démontré la nécessité d'un partenariat renforcé à une réponse mondiale, en vue d'aider les sociétés à se recontruire durablement, en sécurisant les systèmes de production alimentaire. C'est un partenariat stratégique qui vise aussi la sécurisation et l'amélioration des relations commerciales et qui œuvre pour la coopération politique et l'approfondissement des relations diplomatiques autour de valeurs communes. Ainsi, le prochain plan périodique de la stratégie commune est placé sous le signe du développement durable, en accord avec le Pacte vert pour l'Europe. Cette stratégie environnementale globale place la transition écologique et les enjeux mondiaux de durabilité au cœur d'actions communes.

L'oubli des autorités locales

Alors que l'UE et l'UA cherchent à rattraper le temps perdu en 2020, en accélérant les discussions sur un nouveau « partenariat stratégique », couvrant les coopérations politique et économique, la société civile africaine craint que les discussions se déroulent en vase clos à un niveau politique élevé, avec peu de considération pour les communautés locales. Elle se plaint d'être mise à l'écart du processus de consultation. « La relation entre société civile et gouvernement est très difficile », a déclaré Million Belay, coordinateur de l'Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique. Il « ne s'attend pas que les pays africains consultent les organisations de la société civile ». Pour la société civile africaine, la coopération entre la Commission européenne et les autorités locales doit se développer dans le cadre du nouveau cadre budgétaire septennal de l'UE, avec leur participation au processus « en tant qu'acteurs publics aux côtés de l'État central pour définir les priorités des projets et programmes de coopération européens ».

Outre le dialogue avec leurs gouvernements nationaux, Cités et Gouvernements Locaux Unis d'Afrique (Cglu Afrique), une organisation qui chapeaute les fonctionnaires locaux du continent, a exhorté ses membres à négocier des accords avec la délégation nationale de l'UE dans leur pays et à chercher à influencer le travail de la Direction générale de la coopération au développement de la Commission sur l'intégration des autorités locales dans la coopération européenne. « L'Etat central doit savoir qu'il a un nouvel allié, les autorités locales et régionales, pour améliorer la vie de ses citoyens », a déclaré, Jean Pierre Elong Mbassi, son secrétaire général. On s'inquiète que l'UE ne semble pas prendre en compte la spécificité du processus de décentralisation dans chacun des pays et les inégalités des territoires.

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