Burkina Faso: Annonce imminente de retour au bercail, de Laurent Gbagbo - Les partisans de Gbagbo ont-ils eu tort de jubiler avant l'heure ?

24 Février 2021
analyse

L'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, rentrera-t-il enfin au bercail en mi-mars prochain, comme viennent de l'annoncer, à Abidjan, ses plus fidèles partisans ?

Plus que jamais confiants que le « Christ de Mama » sera très prochainement de retour parmi eux, ils ont laissé éclater leur joie non sans avoir mis en place un comité d'accueil dans la perspective de ce retour. Ont-ils devancé l'iguane dans l'eau ? D'où émane cette forte assurance ?

Ou est-ce une façon de mettre encore plus, la pression sur les autorités ivoiriennes et précisément sur le président ivoirien qui a déjà manifesté son intention d'aller à la réconciliation nationale ? Cette nouvelle annonce de retour sera-t-elle enfin la bonne ?

Il faut, en effet, rappeler qu'en décembre dernier, aussitôt après que ses deux passeports, ordinaire et diplomatique, furent remis à l'ex-pensionnaire de la prison de La Haye, ses partisans avaient dansé et s'étaient égosillés sur son « retour imminent » sur les bords de la lagune Ebrié.

Espoirs déçus ! Jusque-là, cette grande figure de la scène politique ivoirienne, demeure en Belgique. Alors, qu'est-ce qui coince ? Faut-il voir, en creux, une mauvaise volonté de la part du pouvoir ivoirien qui s'est dit pourtant disposé à aller vers la concorde nationale au point même de créer un département ministériel dédié à cette importante question ?

A priori, on n'a pas de raison de douter de la bonne foi du président ADO qui a placé à la tête de ce département, son adversaire malheureux à la dernière présidentielle ivoirienne, Kouadio Konan Bertin (KKB) pour ne pas le nommer.

On attend de voir sur quoi ils fondent leur foi absolue

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce dernier a pris très au sérieux sa mission ; lui qui avait annoncé, la semaine dernière, qu'il prendrait son bâton de pèlerin et irait à la rencontre de l'ex-président ivoirien, de Charles Blé Goudé ainsi que des exilés politiques ivoiriens restés au Ghana. Et il avait pris le soin de souligner ce détail important, à propos de ses rencontres envisagées : « Le principe est acquis avec l'accord du président ADO ».

Le ministre ivoirien de la Réconciliation nationale avait également laissé entendre qu'il comptait évoquer avec Laurent Gbagbo, les modalités de son retour en Côte d'Ivoire et que des procédures avaient même été engagées dans ce sens. Puis, comme pour dire qu'il ne parle pas dans le vide, il avait ajouté : « C'est en son nom- de ADO - que je parle ».

Tout cela a-t-il renforcé la conviction du Gbagboland, d'un retour très proche de son champion ? On attend de voir sur quoi ils fondent leur foi absolue. Mais qui sait ?

Peut-être Gbagbo qui, à une certaine époque, estimait qu'il n'avait pas à négocier son retour dans son pays, en dépit des pressions venant de ses proches, a-t-il fini par infléchir sa position grâce à l'entregent du Premier ministre ivoirien, Hamed Bakayoko, à qui le président ivoirien avait confié la tâche de prendre langue avec lui.

Mais quid de la décision de la CPI qui aura aussi son mot à dire d'ici à fin mars prochain, sur le sort de son ex-détenu ? L'avenir nous dira, en tout cas, si les partisans de Gbagbo ont eu tort ou raison, de jubiler avant l'heure.

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