Burkina Faso: Office national du tourisme burkinabè - Querelle autour de l'âge de départ à la retraite

24 Février 2021

Des agents de l'Office national du tourisme burkinabè (ONTB) ont observé, le mercredi 24 février 2021 à Ouagadougou, un sit-in pour dénoncer la mise à la retraite de travailleurs de l'organisme.

L'âge de départ à la retraite des agents des Etablissements publics de l'Etat (EPE), conformément aux décrets n°2004-081 et 2017-1066 du 7 novembre 2017 est fixé à 60 ans (1re catégorie), 58 ans (2e et 3e catégorie) et 55 ans (4e et 5e catégorie). Le personnel de l'Office national du tourisme burkinabè (ONTB) en a été informé, le 24 mars 2020, à travers une note de service de la Direction générale (DG).

Pour des agents de l'ONTB, il s'agit « purement et simplement d'une mise à la retraite prématurée ». Ils ont organisé, à cet effet, le mercredi 24 février 2021, un sit-in, dans les locaux de l'établissement. « Notre DG a mis des agents à la retraite avant la date prévue à cet effet. Or, en ce qui concerne les EPE, le décret n°2005-024 du 31 janvier 2005 portant fixation de l'âge de départ à la retraite des travailleurs salariés nous donne parfaitement raison. La date de départ à la retraite des agents de l'ONTB y est clairement spécifiée », a martelé le délégué du personnel, Ibrahim Sanon, brandissant une copie du décret.

En effet, à l'article 1 dudit document, il est mentionné que l'âge de départ à la retraite des travailleurs salariés est fixé à 56 ans (ouvriers et assimilés), 58 ans (employés et assimilés), 60 ans (agents de maîtrise, cadres et assimilés) et 63 ans (médecins et enseignants du supérieur officiant dans le privé).

Or, la Direction générale de l'ONTB, selon M. Sanon, s'est basée sur le décret n°2017-1066 fixant le régime des limites d'âge pour l'admission à la retraite des agents publics et instituant un congé de fin de service. « Le décret de 2017 abrogeait certes le décret de 2004 qui concernait les fonctionnaires de l'Etat, mais pas les travailleurs des EPE. Ceux-ci étaient régis par le décret de 2005. Le texte de 2017 n'ayant pas abrogé celui de 2005, nous estimons que c'est celui de 2005 qui devait, en toute légitimité, être appliqué aux agents de l'ONTB », a indiqué M. Sanon, très remonté.

La relecture de la loi 033

De plus, le conseil d'administration de l'ONTB, à l'en croire, s'était dit favorable à l'application du décret de 2005. A la suite d'une demande du conseil, une délibération, a-t-il fait savoir, a été déposée au niveau du ministère de l'Economie et des Finances et du Développement (MINEFID). « En guise de réponse, il nous a été demandé d'attendre la relecture de la loi 033. Mais, cette révision tardant à venir, nous avons décidé de prendre nos responsabilités », a affirmé M. Sanon.

A l'entendre, cette problématique de départ à la retraite n'est pas une première dans la « maison ONTB ». Elle avait, dit-il, concerné (en 2017), un titulaire d'un BTS en tourisme, né le 1er octobre 1959, recruté le 11 octobre 1990 et classé à la 2e catégorie (échelle A, 1er échelon). Le DG de l'ONTB de l'époque, a-t-il poursuivi, avait demandé l'avis du Directeur général du travail au moment des faits, Tiga Jean-Marie Nonguierma. Dans une lettre dont

Sidwaya a obtenu copie, celui-ci soulignait qu' »aux termes du décret n°2005-024 du 31 janvier 2005 (... ), ces agents vont à la retraite à 60 ans tout comme les cadres »... Cependant, pour le DG actuel de l'ONTB, Nelson Congo, le décret 2017-1066 ne souffre d'aucune ambiguïté : « Le personnel estime que les agents de catégorie B doivent partir à la retraite à 60 ans, alors que le texte leur opposant est le décret 2017 qui fixe 58 ans pour tous les agents publics ».

Mais les travailleurs soutiennent que le décret de 2017 n'abroge pas celui de 2005. Qu'en pensez-vous ? Sur cette question, M. Congo s'est voulu clair : » Le décret 2017 est l'acte en vigueur auquel l'autorité nous a référé pour la prise en charge des actes de retraite. Le décret de 2005 concerne les sociétés d'Etat. Est-il abrogé ou pas, nous avons fait ensemble la même observation au MINEFID qui estime que c'est le décret de 2017 qui prévaut en attendant la relecture des textes par la Fonction publique ».

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