Madagascar: Biodiversité endémique - Extinction de deux poissons d'eau douce malgache

À l'instar de la biodiversité marine, terrestre et forestière, la biodiversité d'eau douce de la Grande Île est en danger. Celle-ci ne passe pas souvent sous les feux des projecteurs comme les deux premières.

80 espèces de poissons d'eau douce sont disparues à jamais selon le rapport « Les poissons oubliés du monde », signé WWF ou World Wide Fund, publié le 23 février 2021. La Grande île est concernée par cette tragédie écologique si l'on se réfère toujours au rapport avec l'extinction de deux poissons d'eau douce qui lui sont endémiques. À savoir « le ptychochromis onilahy et Pantanodon madagascariensis » qui ont été « inscrits dans la liste rouge de l'UICN ou Union International Conservation of Nature en 2016 ». Le premier est endémique du Sud-Ouest du pays et habite dans le fleuve Onilahy. « La destruction de leur habitat naturel due à la déforestation, la destruction des zones humides ainsi que la concurrence avec les autres espèces introduites telles que le Tilapia, qualifiées de plus résistantes », sont avancées par le rapport du WWF comme principales causes ayant entraîné la disparition à jamais des deux espèces de poisson d'eau douce endémique de Madagascar. En effet, pour le Ptychochromis Onilahy qui a évolué dans le fleuve qui porte le même nom par exemple, l'envahissement de sa zone de vie par des espèces introduites aurait eu des répercussions néfastes sur son développement.

Menacées. Le rapport interpelle également que « les zones humides telles que le Site Ramsar d'Onilahy ont toujours été menacées par la déforestation ». Composé par différents lacs, des marais, le fleuve Onilahy et les forêts qui le bordent, les marécages de l'air protégée Amoron'i Onilahy, le site en question est une réserve de biodiversité qu'il conviendrait de protéger à tout prix. En effet, il abrite 27 espèces de mammifères, 56 espèces de reptiles, 79 espèces d'oiseaux dont des oiseaux d'eau douce et le poisson Allenbatrachus meridionalis. Ce dernier est également inscrit dans la liste rouge de l'UICN. Il serait donc évident d'attribuer une attention particulière sur la sauvegarde de la biodiversité d'eau douce aussi bien au niveau national que mondial. Comme l'a interpellé le WWF « au fur et à mesure que les eaux douces et les espèces en elles disparaissent, il y a dysfonctionnement des systèmes d'eau douce dans le monde. Nous savons que les eaux douces sont sources d'eau potable et irriguent nos champs agricoles. Les écosystèmes d'eau douce sains sont également essentiels à la lutte contre le changement climatique grâce aux fonctions de stockage de carbone ».

À faire. Le rapport « les poissons oubliés du monde » préconise différentes pistes de solutions. Le document recommande ainsi « la mise en œuvre d'un plan de relance d'urgence pour la biodiversité d'eau douce ». Un plan « développé par des scientifiques et des experts en eau douce à travers le monde » qui devrait permettre de « faire couler les rivières de façon plus naturelle, améliorer la qualité de l'eau douce, protéger et restaurer les habitats essentiels, mettre fin à la surpêche et aux pratiques non durables, prévenir et contrôler les invasions en espèces non indigènes, protéger les rivières à écoulement libre mais également de supprimer les barrages obsolètes ».

Ptychochromis onilahy : Poisson endémique du sud-ouest de Madagascar qui habitait dans le fleuve Onilahy. Cette espèce qui peut atteindre 8,6 centimètres n'a pas été recensée depuis l'année 1962. Une année durant laquelle seuls cinq spécimens connus ont été collectés dans le fleuve Onilahy.

Pantanodon madagascariensis : Poisson endémique de l'Est de la Grande Île qui a évolué dans les rivières des pentes orientales entre Mahavelona et Fenerive-Est.

Plus de: Midi Madagasikara

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