Ile Maurice: En cour - L'amnésie de Bonomally et le stress de Neeta Nuckchhed

25 Février 2021

Ces témoins clés ne veulent-ils pas répondre aux questions ou souffrent-ils vraiment de problèmes de santé ? C'est la question que l'on peut se poser depuis leur première convocation, il y a plus de deux semaines. Les interrogatoires des avocats du DPP, de la famille Kistnen et de Koomadha Sawmynaden commencent, il est vrai, à devenir embarrassants.

Deepak Bonomally ne sait plus grand-chose même s'il est un Marketing Manager, fait de l'Import/Export et est consultant. Il était de nouveau interrogé, hier, mercredi 24 février, au tribunal de Moka, dans le cadre de l'enquête judiciaire sur la mort de Soopramanien Kistnen. Le directeur de Bo Digital Co Ltd aurait des trous de mémoire.

Quand Me Rouben Mooroongapillay lui demande si, en tant que consultant pour AV Techno-World, il était au courant d'un paiement de Rs 26 millions reçu par cette société pour le projet de Passenger Information System, il répond qu'il n'est pas au courant. Cela bien qu'il soit au courant du montant total du contrat, Rs 52 millions. Pour rappel, ce système n'a été installé que dans certains abribus de l'île et est critiqué pour n'être pas fiable. Et pour le contrat d'affichage sur les billboards entre AV TechnoWorld et Mauritius Telecom ? «Il faut demander à Vinay Appanna.»

Deepak Bonomally dit aussi ignorer qu'il existe un dortoir pour les travailleurs bangladais tout près de sa seconde demeure à Caro Laliane. Il ne sait pas non plus que la station-service SoFill dans la même région appartient à Vinay Appanna, qui l'aurait achetée de la ministre Leela Devi Dookhun-Luchoomun. Bonomally ne sait pas que Vinay Appanna et Yogida Sawmynaden sont amis d'enfance ni qu'ils étaient au même collège. "You cannot incriminate yourself, yes, but you cannot protect others neither!" lui lance à un moment la magistrate Vidya Mungroo-Jugurnauth, lasse de ses «Mo pa koné» à répétition.

«Ou konn Basu ?»

Non, Deepak Bonomally ne connaît ni Basu ni Basu Seetaram. Il dit ignorer également que ce dernier serait le beau-frère de Vinay Appanna. Ce sera le même «je ne sais pas» lorsque Me Mooroongapillay lui demande pourquoi il n'a pas acheté les six conteneurs vendus au Central Electricity Board (CEB), directement du fournisseur local, Velogic, au lieu de passer par Neeteeselec. Deepak Bonomally explique qu'il ne savait pas où on vendait les conteneurs. Et qu'il aurait préféré faire confiance à une compagnie nouvellement créée, Neeteeselec, avec, à sa tête, une hôtesse de l'air, qui n'en sait pas davantage que lui. Il changera d'argument aussitôt pour dire qu'il n'avait pas le temps de s'occuper de ces démarches, bien qu'il reconnaisse avoir visité le fournisseur directement. En tout cas, c'est le CEB qui s'est montré généreux en payant peut-être plus de Rs 600 000 pour six conteneurs disponibles pourtant à environ Rs 40 000 pièce. Cette transaction a enrichi Neeteeselec de Neeta Nuckchhed et Rental Express du duo Bonomally/Appanna.

Ce dont se rappelle Deepak Bonomally, c'est que la compagnie Transinvest lui sous-traite certains contrats obtenus auprès de la Road Development Authority (RDA), notamment pour la construction d'abribus. Sinon, l'ex-footballeur devenu businessman n'a pas été très loquace. Seule la venue du désormais fameux Vinay Appanna à la barre des témoins lundi prochain pourrait, est-il espéré, éclaircir la cour.

Quant à Neeta Nuckchhed, attendue hier en cour, elle a fait porter par les soins de son mari, Joy Nuckchhed, un certificat médical la déclarant malade. Elle souffre de stress, d'anxiété et de fatigue morale et physique.

Plus de: L'Express

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