Congo-Kinshasa: Barrage de la renaissance - Félix Tshisekedi veut relancer les négociations entre l'Égypte, l'Éthiopie et le Soudan.

Le coordinateur de l'unité congolaise chargée des affaires de l'Union africaine (UA), le Pr Alphonse Ntumba Luaba, s'est rendu en Egypte, le 24 février, où il a discuté de la question du grand barrage de la renaissance éthiopienne (GERD) avec le ministre égyptien des Affaires étrangères,Sameh Shoukry, indique un communiqué de ce ministère, publié le mercredi.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, l'ambassadeur Ahmed Hafez, a déclaré que le ministre Shoukry a discuté avec la délégation congolaise de la proposition soumise par le Soudan et soutenue par l'Égypte de développer le mécanisme de négociation sur le barrage de la Renaissance à travers la formation d'un quatuor international qui comprend, outre l'Union africaine, les États-Unis, l'Union européenne et le Les Nations unies. Ce quatuor devrait arbitrer les négociations sous les auspices et la supervision du président congolais, Félix Tshisekedi, afin de faire avancer les négociations sur le sujet et faciliter la conclusion d'un accord le plus tôt possible.

Ahmed Hafez a également noté que le ministre égyptien des Affaires étrangères a affirmé qu'il attend avec intérêt le rôle important que la République démocratique du Congo peut jouer afin d'aider à parvenir à un accord juridique contraignant sur les règles de remplissage et de fonctionnement de ce barrage, prenant en compte les intérêts des trois pays. Les négociations sont dans l'impasse depuis bientôt dix ans, autour du remplissage et de l'exploitation du barrage de la Renaissance, dont la construction a été lancée par l'Ethiopie en 2011.

A l'origine du conflit

Le barrage de la renaissance, actuellement en construction en Éthiopie, dans l'état régional de Benishangul-Gumuz sur le Nil bleu, devrait être le plus grand barrage hydroélectrique d'Afrique. Après la phase 1 du remplissage du barrage, qui avait eu lieu en 2020, les autorités égyptiennes ont annoncé le démarrage de la phase 2 du remplissage du barrage en juillet 2021, pendant la saison des pluies. Selon l'Egypte, le barrage sera opérationnel en 2023.

La construction de ce barrage inquiète l'Egypte et le Soudan. Pour ces deux pays, la régulation du débit du Nil qui leur fournit près de 90% de leur eau est un sujet de sécurité nationale et doit être impérativement négociée. En effet, les deux pays sont en aval du Nil bleu, l'affluent du Nil, qui prend sa source en Ethiopie et qui alimente les eaux du Nil, fleuve nourricier de l'Egypte.

Ainsi, l'Egypte qui dépend presque entièrement des eaux du Nil craint que le remplissage de ce barrage ne réduise la quantité d'eau qui lui parviendra. Selon le gouvernement égyptien, en fonction de la rapidité avec laquelle l'Ethiopie remplira le barrage, l'Egypte devrait enregistrer entre 14 à 22% d'eau en moins et 30% des terres agricoles égyptiennes pourraient devenir arides.

Pour le Souda, si le remplissage permettra de réguler les inondations, il menacera également la vie de la moitié de la population du centre du Soudan, ainsi que l'eau d'irrigation pour les projets agricoles et la production d'électricité à partir du barrage de Roseires au Soudan.

Depuis l'année dernière, l'UA assure la médiation des pourparlers entre l'Égypte, le Soudan et l'Éthiopie au sujet de ce barrage de la renaissance. Le dernier cycle de négociations de l'UA, sous la présidence du chef de l'Etat sud-africain, Cyril Ramaphosa, ancien président de l'UA négocié par l'Afrique du Sud, a été bloqué en janvier, en raison du retrait du Soudan, opposé à la méthodologie des pourparlers. Le Soudan souhaite qu'un rôle plus important soit accordé aux experts impliqués dans les pourparlers au lieu de tenir des discussions directes entre les trois nations. Mais l'Éthiopie et l'Égypte avaient rejeté la demande du Soudan.

Selon certains spécialistes la question du barrage de la Renaissance et de l'accès à l'eau est une question géopolitique et stratégique pour ces trois pays, et pourrait déboucher, à terme, sur un conflit ouvert, si aucune entente n'est trouvée.

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