Congo-Brazzaville: Gouvernance - Réduire le fossé entre le système éducatif et le marché du travail

Le Rapport national sur le développement humain(RNDH) 2020 qui a été dévoilé à Brazzaville, le 25 février, souligne non seulement les contradictions entre la formation au Congo et les possibilités d'emploi, mais aussi le faible budget destiné à l'éducation nationale.

Le rapport sur le capital humain a été élaboré par les experts du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Il examine les politiques publiques en matière de développement, notamment de l'accès des jeunes à l'éducation de qualité, à l'emploi décent, aux soins de santé, à la protection sociale...

Les résultats de l'enquête montrent, en effet, l'étroitesse du marché du travail et ses capacités limitées à créer des emplois en nombre suffisant. Les contradictions entre les dynamiques du système éducatif et le secteur professionnel, estiment les experts, renvoient à l'inadéquation formation-emploi. Il s'agit de la relation entre les travailleurs qui détiennent les qualifications et les emplois qui comportent des exigences pour réaliser diverses tâches ; la structure du système éducatif congolais étant dominée par des qualifications scolaires et générales.

Le rapport onusien pointe également le niveau jugé faible du budget de l'éducation. « La formation du capital humain est en grande partie dépendante des équilibres macroéconomiques. La dynamique du système productif, à laquelle dépendent les opportunités d'emplois, conditionne les besoins et l'utilisation des ressources humaines. Les dépenses d'éducation prévues dans les différents budgets ont non seulement diminué au fil des années, mais ont été aussi conçues de manière à se situer très en deçà des critères internationaux et de leurs objectifs », note le rapport.

Il apparaît que seulement 3% du PIB ont été réellement consacrés à l'éducation dans la période 2015-2018 au lieu de 4,3% prévus dans la loi de finances initiale. Des chiffres qui ont conduit les experts à conclure que « l'éducation n'a pas été placée comme une priorité dans la politique du Congo ». Les auteurs du rapport ont, pour cela, exhorté le gouvernement congolais à assurer un arbitrage en matière budgétaire s'il veut honorer son engagement en faveur de l'éducation pour tous.

Pour les partenaires onusiens, ce rapport est un document de référence qui vise à aider le gouvernement congolais à renforcer sa politique de développement. « Grâce à ce document, un partenariat plus structuré basé sur des interventions mieux ciblées, pourra être mis en place entre le Congo et ses partenaires », a signifié la représentante résidente adjointe du PNUD au Congo, Emma Ngouan-Anoh, lors de l'ouverture de l'atelier dédié à la validation du RNDH.

La formation du capital humain constitue l'un des trois axes prioritaires du Plan national de développement (PND 2018-2022), en lien avec l'agenda 2030 des Nations unies. Pour la ministre du Plan, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, la baisse des dépenses liées à l'éducation est due à la crise économique que traverse le pays, aggravée par la pandémie du coronavirus.

« Ce rapport, du fait des observations et analyses qui y sont contenues, constituera un instrument d'appui au programme du gouvernement dans les domaines en lien avec la valorisation du capital humain », a-t-elle déclaré.

L'alimentation et les soins de santé...

Le RNDH 2020 intitulé « Valorisation du capital humain : qualité et inégalités », présenté ce jeudi 25 février, s'est intéressé à l'investissement public dans le domaine de la santé, car l'alimentation et les soins de santé participent au développement, puis à la valorisation du capital humain. En dépit des efforts consentis par le gouvernement congolais, d'après la même source, la situation sanitaire de la population reste un sujet de préoccupations.

À peine 40,6% d'enfants en milieu urbain et 25,6% en milieu rural ont un accès au traitement antipaludéen, tandis que 20% d'enfants souffrant de diarrhée ne reçoivent ni traitement, ni médicaments. Depuis une année, la crise sanitaire de Covid-19 a aggravé la situation déjà déplorable du système de santé congolais, avec la fermeture des services sociaux comme il a été le cas pour l'hôpital de Makélékélé, la perturbation de certains programmes de santé comme celui du VIH/Sida, de la tuberculose, l'augmentation de la peur et de la stigmatisation de certains centres de santé.

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