Maroc: Kafala - Appel à "activer" les lois et "faciliter" les procédures pour l'intérêt supérieur des enfants abandonnés (responsables)

Rabat — Des responsables participant à une journée d'étude, jeudi à Rabat, sur la promotion de la Kafala ont plaidé en faveur de l'activation des lois y afférentes et de la facilitation de ses procédures pour l'intérêt supérieur des enfants abandonnés.

"Il faut activer le lois relatives à la Kafala et faciliter davantage ses procédures, car la place ordinaire des enfants abandonnés est au sein de la famille", a indiqué la ministre de la Solidarité, du développement social, de l'égalité et de la famille, Jamila El Moussali, en marge de cet évènement.

Dans une allocution, Mme El Moussali a souligné que cette journée d'étude est une opportunité de réflexion collective, chacun en ce qui le concerne, sur les moyens de capitaliser les acquis et de bénéficier des expériences internationales et des bonnes pratiques pour renforcer les efforts de prévention de l'abandon et préserver la relation de l'enfant avec sa famille naturelle.

C'est l'occasion de discuter des moyens à déployer en vue d'encourager la Kafala et d'examiner les divers aspects liés à sa promotion au niveau juridique ainsi que les mécanismes d'application des lois, tout en veillant à l'amélioration de la qualité des services de prise en charge et de l'image de l'enfant abandonné.

Dans une intervention par visioconférence, le ministre d'État chargé des droits de l'Homme et des relations avec le Parlement, Mustapha Ramid, a souligné que grâce à la volonté et l'implication forte de feu SM Hassan II, de SAR la Princesse Lalla Meryem, présidente de l'Observatoire national des droits de l'enfant, le Maroc a pu mener à bien de grandes réformes en la matière, lesquelles se sont poursuivies sous l'impulsion de SM le Roi Mohammed VI.

"La loi 15-01 relative à la Kafala des enfants abandonnés doit être révisée", a-t-il dit, précisant que bien qu'il soit "un acquis important", le système de la Kafala doit être amélioré et consolidé par le renforcement des garanties. Il a également appelé à la facilitation de ses procédures et à l'implication de toutes les parties prenantes afin de préserver l'intérêt suprême de l'enfant.

De son côté, la représentante du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) au Maroc, Giovanna Barberis, a estimé que le système de la Kafala, bien qu'il soit internationalement reconnu, a besoin d'être réformé pour qu'il soit pleinement en conformité avec les principes de la Convention internationale des droits de l'enfant.

"6.500 enfants sont abandonnés chaque année et un enfant sur deux est pris en charge dans le cadre de la Kafala, ce qui fait de ce mécanisme le plus performant possible pour garantir l'intérêt supérieur de chaque enfant concerné", a-t elle argué.

Selon Mme Barberis, l'UNICEF apporte son appui au ministère et à tous les partenaires concernés dans ce processus de plaidoyer pour que la réforme puisse aboutir à un système plus conforme avec les principes internationaux et donner une force majeure au processus de "Matching", afin de renforcer le principe de prévention et de suivi des enfants placés sous le système de la Kafala.

Pour sa part, le Wali chargé de la coordination nationale de l'INDH, Mohamed Dardouri, a indiqué dans son allocution par visioconférence que l'initiative nationale pour le développement humain a accordé depuis son lancement en 2005 une attention particulière à cette catégorie sociale, à travers la réalisation de plus de 200 projets d'une enveloppe de plus de 470 millions de DH, l'objectif étant d'améliorer les conditions de prise en charge des enfants en situation difficile et dans les centres d'accueil.

Dans sa troisième phase lancée en septembre 2018 par SM le Roi Mohammed VI, l'INDH a placé l'enfance au centre de ses interventions à travers deux programmes spéciaux en vue d'améliorer l'offre actuelle des services fournis par les centres d'accueil, a-t-il rappelé, notant que les actions doivent être centrées sur la prévention et l'anticipation afin d'endiguer le phénomène des enfants abandonnés et des enfants en situation de rue.

Ont pris part à cette journée d'étude, tenue en présentiel et par visioconférence, plusieurs responsables des départements concernés par la protection de l'enfance, notamment l'Entraide nationale, l'Observatoire national des droits de l'enfant et la Ligue marocaine de la protection de l'enfance.

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