Afrique Centrale: L'Italie veut comprendre la mort de son ambassadeur en RDC

26 Février 2021

Rome vient de rendre hommage à Luca Attanasio tué lundi. Le gouvernement veut une enquête de l'ONU.

La mort, lundi 22 février, de l'ambassadeur italien Luca Attanasio ainsi que de son chauffeur et de son garde du corps en République démocratique du Congo crée des tensions diplomatiques. Alors qu'un hommage national a été rendu jeudi à l'ambassadeur en Italie, Rome exige désormais que l'Onu ouvre une enquête.

Des doutes sur l'origine des tirs

Les circonstances du drame sont encore non élucidées sur plusieurs points. Selon les autorités congolaises et italiennes, le convoi est tombé dans une embuscade à trois kilomètres de sa destination, la commune de Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru. On sait qu'ensuite six hommes ont abattu Mustafa Baguma Milambo, chauffeur congolais du PAM. Ils auraient ensuite obligé les occupants des deux véhicules composant le convoi à les suivre dans le parc des Virunga. Des tirs ont ensuite été échangés, et ont provoqué la mort du corps italien Vittorio Iacovacci et de l'ambassadeur Luca Attanasio.

Les autorités congolaises accusent les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Mais les rebelles nient. La presse italienne indique aussi que Luca Attanasio aurait pu être tué par des tirs de l'armée congolaise. C'est pour faire toute la lumière sur le drame que le chef de la diplomatie italienne, Luigi Di Maio, a demandé mercredi au PAM et à l'ONU l'ouverture d'une enquête.

"Notre vœu le plus ardent est que cette mort ne puisse pas être à la base de ruptures diplomatiques entre la RDC et l'Italie", dit aujourd'hui Omar Kavota, vice-président du Centre d'études pour la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l'homme (CEPADHO). "Nous sommes tous surpris que l'ambassadeur Luca Attanasio ait été en mission au Nord-Kivu, mais cette mission n'était pas connue des autorités congolaises."

Critiques en RDC

Ce triple assassinat a aussi engendré des polémiques en République démocratique du Congo où Jean-Marc Kabund, président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de Félix Tshisekedi, s'en est pris à François Beya, conseiller spécial du président congolais en matière de sécurité. Lors d'une visite au Rwanda, François Beya aurait en effet tenu des propos négatifs envers les Occidentaux. Des propos qui, selon Jean-Marc Kabund, exposent le pays et n'engagent pas le président de la République.

Par ailleurs, Aristide Bulakali, directeur de cabinet adjoint du vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur, a été suspendu pour avoir signé sans mandat un communiqué attribuant l'attaque aux rebelles rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

Nouvelles règles pour les déplacements diplomatiques

A la suite de cet assassinat, les autorités congolaises ont décidé mardi que tous les diplomates accrédités à Kinshasa doivent désormais signaler à l'avance leur déplacement à l'intérieur du pays auprès du gouvernement.

Les diplomates "doivent absolument informer le ministère des Affaires étrangères" avant tout déplacement et "se signaler" aux responsables locaux à leur arrivée dans une entité, a précisé la cheffe de la diplomatie congolaise Marie-Thérèse Tumba Nzeza à la télévision d'État, RTNC.

Plus de: DW

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