Congo-Kinshasa: Halte à l'insalubrité dans nos villes

billet

Quand on est donneur des leçons, il faut se mettre en posture de ne pas en recevoir.

La critique est aisée mais l'art est difficile

Les grandes villes de notre pays brillent par leur platitude en matière de salubrité. Elles offrent généralement le spectacle désolant des rues jonchées des déchets, des détritus, des amas d'immondices, des ordures, des eaux usées et j'en passe. Le tout dégageant, par endroit, des odeurs nauséabondes et pestilentielles. Pas mal de raisons à cet état de chose.

Citons pêle-mêle et sans souci d'exhaustivité: Une croissance démographique exponentielle, une urbanisation mal maîtrisée, un déficit criant d'engins de gestion des déchets, des canalisations mal entretenues.

Et comble de tout, notre indiscipline. Non seulement nous ignorons superbement les dépotoirs pour les déchets et nous jetons n'importe quoi, n'importe où, mais nous ne nous donnons même pas la peine de garantir la propreté devant nos propres maisons. L'adage populaire: «Si chacun balaie devant sa maison, toute la rue sera propre», sonne creux pour nous. Beaucoup d'entre nous vont même jusqu'à fermer les yeux devant les herbes, véritables nids à moustiques qui poussent en désordre autour de nos habitations.

Autant les critiques pleuvent sur les autorités du pays qui ne font pas ce qu'ils devaient faire pour assurer la propreté des villes, autant les citoyens négligent les gestes élémentaires pour contrer l'insanité dans celles-ci. Les dirigeants peuvent brandir (parfois avec raison), l'argument de la modicité des moyens, consécutives à l'insuffisance de l'assiette financière du pays. Mais nous, citoyens congolais, qu'est ce qui nous empêcherait de nous acquitter des tâches élémentaires d'hygiène publique dans nos quartiers respectifs? Et alors pourquoi critiquer nos autorités?

Corrélation entre insalubrité et santé

Les désagréments purement visuels et odorifiques des saletés et des déchets susmentionnés ne sont que superfétatoires face aux dommages collatéraux qu'ils occasionnent sur la santé. En effet, l'insalubrité se traduit par la propagation de nombreuses pathologies qui posent de multiples problèmes de santé. Il s'agit notamment des syndromes du paludisme, de l'appareil respiratoire et de l'appareil digestif. A titre illustratif, un rapport de l'OMS, sur lequel je ne peux m'étendre in extenso, avance le chiffre d'un million, deux cent mille morts, rien que pour l'année 2012, des suites des maladies liées au déficit d'hygiène publique.

Nous devons lutter contre l'insalubrité, malgré le contexte difficile de sous-équipement en service d'assainissement

Sans une maîtrise de l'insanité et de ses effets ravageurs, nous ne pouvons prétendre qu'à un ersatz de bien-être. Il convient, de ce fait, de veiller à la salubrité de nos villes.

Fixons en ici quelques balises pour se faire. En vertu du principe des devoirs partagés, l'Etat devrait mettre à la disposition tout ce qu'il faut. Des dépotoirs aux engins pour traiter les déchets, en passant par des latrines et des égouts. Il doit aussi assurer le bon fonctionnement des canalisations ainsi que le transport des boues et des vidanges hors des villes. Il devrait aussi fixer un code de bonne conduite et faire une sensibilisation tous azimuts en matière sanitaires, hygiéniques et même écologiques. Le sacro-saint principe: «pollueur-payeur» devrait aussi être mis en place. Les citoyens, par contre, devraient balayer devant leurs portes, résoudre les problèmes ponctuels qui se posent dans leurs quartiers (enlever des flaques d'eaux de pluie, par exemple). Signaler aux autorités ce qui ne va pas et dénoncer tous les contrevenants au code de conduite.

Le retour au Salongo du temps du Président Mobutu est vivement souhaité. Nous appelons tous nos compatriotes au respect scrupuleux des normes de conduite, en matière de lutte contre l'insanité. Au lieu de maudire l'obscurité, allumons chacun une bougie. Nous aurons ainsi des villes non polluées, où il fait bon vivre et où les gens sont en bonne santé. De quoi attirer des touristes et pourquoi pas avec nos richesses bien connues, allécher des investisseurs.

En guise de Conclusion

Un esprit sain dans un corps sain est essentiel pour le bon fonctionnement de toute communauté. Un pays qui ne fait pas attention à son hygiène publique est un pays foutu. Le coronavirus est venu brutalement rappeler au monde entier qu'une seule question de santé peut paralyser tous les secteurs économiques. Pas une bonne santé, pas d'économie sereine. L'insalubrité de nos villes est un problème de santé. Veillons-y. Elevons le sens du collectif et encensons la solidarité dans ce domaine, pour aller de l'avant.

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