Afrique Centrale: L'Accord général sur le Bassin du Congo tue la RDC par l'Est

Dans les relations modernes entre Etats - principalement les relations bilatérales - un ambassadeur est un promoteur d'investissements pour son pays d'origine auprès de son pays d'accréditation. Il rapporte aux siens des marchés. Déjà, en elle-même, la gestion d'une ambassade est par nature onéreuse en ce que la chancellerie a pour mission de rechercher et de trouver absolument pour son pays, moyennant généralement espèces sonnantes et trébuchantes, des opportunités en ressources humaines et en ressources naturelles. Les ambassades de prestige sont de l'ancien ordre...

La mort brutale de l'ambassadeur d'Italie en RD Congo, Luca Attanasio, le lundi 22 février 2021, vient de permettre au gouvernement (pris dans le sens du Pouvoir) de lever le ton pour rappeler aux ambassadeurs, aux chefs des missions et aux représentants des organisations internationales accrédités dans notre pays les obligations auxquelles ils sont tenus en matière de circulation sur l'étendue du territoire national.

Le constat est que depuis trois décennies (années 1990 consacrant la fin du monopartisme d'Etat avec le Mpr et l'enclenchement du processus démocratique), nos partenaires développent la drôle de culture de libre circulation et, évidemment, de libre-action au Congo-Kinshasa.

Au cours surtout de ces 20 dernières années correspondant au déploiement de la Monusco (hier Monuc), on assiste dans une sorte de juxtaposition d'États avec, d'un côté, l'Etat RDC et, de l'autre, l'Etat « ONU » représentant essentiellement l'Occident et apparentés.

Conséquence : hier, il y a eu Zaida Catalan et Michael Sharp, aujourd'hui Luca Attanasio.

Mais, entre les deux cas connus des médias puisque mort s'en est suivie, que d'enlèvements réussis ou manqués, toujours dans l'hinterland kivuto-iturien, avec pour victimes les étrangers, Occidentaux en-tête, pour ne pas parler des Congolais, ces véritables laissés-pour-compte !

Cet hinterland n'a jamais été véritablement une terre de repos depuis les années 1960.

Dans la dernière chronique publiée le jour de l'assassinat de l'ambassadeur d'Italie (coïncidence fortuite et malheureuse) sous l'avant-titre «Après les animateurs précédents » et le titre «L'insécurité à l'Est va 'noyer' aussi Fatshi et Sama ?* », l'un des faits révélés est que la situation d'insécurité à l'Est résulte de la jonction de la rébellion lumumbiste partie de Stanleyville (Kisangani) en 1961 avec la rébellion muleliste partie, elle, des maquis du Kwilu (ex-Bandundu) en 1964.

La double rébellion, comme un cancer, a répandu ses métastases sur le Kivu avec le phénomène Maï-Maï, hier mouvement de résistance nationale, aujourd'hui une nébuleuse.

A partir de cet instant, la question que tout Congolais en général, tout compatriote de la partie orientale du pays en particulier, a le devoir de se poser est de savoir pourquoi l'axe Ituri-Nord Kivu-Sud Kivu-Tanganyika est-il devenu l'enjeu de la nouvelle Guerre froide avec donne première l'économie et non l'idéologie.

Il n'est un secret pour personne que la crise connue sous le vocable « Syndrome de Fachoda » y refait surface. Toutes les puissances du monde (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande Bretagne, France, Japon, Inde, Australie, Italie, Scandinavie, Inde... ) y trouvent leur nouvel Eldorado.

Mais, est-ce une raison pour que cela se fasse au prix des millions de morts congolais, les survivants étant contraints à l'errance, allant d'un camp des déplacés ou des réfugiés à un autre, déconnectés du Pouvoir central pour être reconnectés au système des Nations Unies (Pam, Hcr, Oms, Unicef... ) et à celui des ONG (Oxfam, Msf... ..) soutenus tous par des ONGDH, des mouvements pro-démocratie et des médias nationaux assistant maintenant au retour de la manivelle ?

On serait tenté de croire que par un stratagème savamment monté, il existerait quelque part une superstructure chargée de désagréger les institutions congolaises en faveur des organisations communautaires dites internationales qui ne sont pas obligées, elles, de répondre de leur fonctionnement devant l'État congolais. Motif trouvé : protection des populations civiles.

La déduction peut paraître gênante, mais c'est vraisemblablement de cela qu'il s'agit : Berlin n'a jamais été aussi actif que maintenant avec son fameux Accord général pour le Bassin du Congo, accord faisant de la RDC un «supermarché» où chacun vient prendre ce qu'il veut, au prix qu'il veut, malheureusement avec la complicité notamment des filles et fils du coin, s'agissant de l'hinterland kivuto-iturien ! Luca Attanasio y a laissé sa peau.

Entre-temps, en décidant courageusement de remettre de l'ordre dans la libre circulation et la non moins libre-action des officiels étrangers sur le territoire national, le gouvernement entend bien restaurer son autorité.

Mais, les esprits éveillés savent que cette superstructure-là n'aime pas ça. Elle trouvera sous peu si ce n'est déjà fait quelqu'un pour commencer à discréditer et à désagréger le régime en place.

C'est son modus operandi depuis 1960.

Et, comme par malheur, depuis 1960, Kinshasa Blanchette fait toujours la chèvre de M. Séguin.

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