Cote d'Ivoire: Festival de contes - La 7e édition de Ahoko Kouah'in se tiendra en vase clos

25 Février 2021

La septième édition du Festival de conte de Krigambo dénommé « Ahoko Kouah'in n'gwa gwa » en baoulé, aura lieu ce 27 février. Ce sera un festival réduit à sa plus simple expression pour tenir compte des mesures de sécurité liées au coronavirus.

Selon Koffi Koffi, secrétaire exécutif de l'association « Point de lecture » et par ailleurs commissaire général du festival, « il ne faut pas faire prendre des risques aux villageois ». C'est pourquoi la veillée de conte se tiendra, selon lui, en vase clos.

Seuls les Krigambofouè (les habitants de Krigambo) se réuniront dans la concession de feu Ahoko Kouah'in, dont l'événement honore la mémoire, pour se partager des histoires croustillantes ce soir du 27 février. La soirée se poursuivra jusqu'au petit matin du dimanche 28, si les diseurs de contes tiennent.

Cette année donc, le festival n'enregistrera pas la cérémonie solennelle d'ouverture officielle sur la place du village avec les élèves des lycées et collèges de Bouaflé, chaque année invités pour la veillée et le café littéraire, en présence d'un écrivain.

Ni la présence des conteurs extérieurs venant d'Abidjan ou des autres contrées du pays ainsi que des cafés littéraires dans les établissements de la ville en prélude au festival. Il n'y aura pas non plus d'invités du monde de la culture ou de la presse venant d'Abidjan, à part Alexis Djisso, conteur émérite du défunt Mensonge d'un soir, émission de conte de la Rti. L'homme, considéré comme l'ambassadeur du festival depuis sa deuxième édition, en 2015, et appelé le notable de Krigambo, sera le seul conteur extérieur.

Cette année donc, covid-19 oblige, Ahoko Kouah'in n'gwa gwa sera une veillée à huis clos, où les fils de Krigambo diront des contes du cru et devront rappeler à la vie les histoires qui sont en train de s'enfoncer dans le fin fond de leurs mémoires, dans l'oubli.

Chaque villageois sera mis à contribution comme autrefois, en l'absence de conteurs de renom venant de l'extérieur. Ce sera une autre expérience, selon le commissaire général Koffi Koffi, pour savoir si des enfants ont pu tirer quelque chose de six ans du festival sur leur sol et si les habitants de krigambo ont pu effectivement réveiller une belle tradition en voie de disparition.

Pour Alexis Yobouet, président du comité d'organisation, la tâche sera moins rude cette année, et ce sera un répit en attendant 2022. Pour 2021 donc, Krigambo ne connaitra donc pas l'effervescence populaire des éditions passées avec les foules colorées et les visages nouveaux ; le petit village de la nouvelle sous-préfecture de Kpakpabo, dans le département de Bouaflé, se recroquevillera sur lui-même pour passer ce mauvais cap de la Covid -19, en espérant des jours meilleurs les années à venir.

Notons que le Festival Ahoko Kouah'in de contes de Krigambo est un espace de promotion du conte oral traditionnel en voie de disparition avec la mort de ses derniers dépositaires. Chaque année, depuis 2014, cet événement réunit à mi-février des conteurs venus de divers horizons de la Côte d'Ivoire pour dire, chacun dans sa langue maternelle, les contes qu'il connaît.

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