Madagascar: Diana - Vers la remise en état de la Basse-Mahavavy

C'est la fin du cauchemar pour les paysans et usagers de l'eau d'Ankarabe, car ils dépendent de la disponibilité de l'eau pour irriguer leurs périmètres.

Le périmètre de la Basse-Mahavavy à Ambilobe comporte notamment 19 241 ha de champs de canne à sucre et de rizières. Mais il ne disposait pas de la quantité d'eau nécessaire pour les irriguer. L'état dégradé des infrastructures hydroagricoles est l'une des principales causes. Le débit d'eau était insuffisant, tant à la prise principale de la rivière Mahavavy qu'au niveau de l'avant-canal et du canal d'amenée. L'ensablement du canal réduit encore ce débit. D'où la faible quantité d'eau qui rend difficile sa régulation et son partage. Ce qui a provoqué des disputes entre les paysans.

La zone a déjà bénéficié d'un projet de l'Union Européenne qui a duré quatre ans, de 2013 à 2017, à travers le projet MAPS ou « Mesures d'accompagnement du protocole sucre ». Ce projet consistait à réaliser des travaux de réhabilitation des infrastructures hydroagricoles avec un volet renforcement des capacités de la structure de développement agricole. À cet effet, la vannewagon d'Andavaka-tsantsa et de son dispositif de fonctionnement et de différents ouvrages de régulation et de partage de débit ont été déjà réhabilités.

Des curages sont effectués pour l'avant-canal, le canal d'amenée et le dessableur. Et une drague suceuse a été acquise... Toutes les structures qui assurent la pérennité des ouvrages hydroagricoles dans la plaine de la Mahavavy ont été mises en place. Les ouvrages réhabilités ont été livrés en totalité. Mais des désordres ont été constatés après le départ du projet. D'où la nécessité des travaux de remise en état du réseau hydroagricole de la BasseMahavavy dans le district d'Ambilobe.

C'est pour cette raison que les appuis de l'Union Européenne pour la région Diana, dans le cadre du 11e FED et à travers le Programme Afafi-Nord ou Appui au financement de l'agriculture et aux filières inclusives, se concentrent de nouveau dans toutes les communes du district d'Ambilobe, en particulier sur le périmètre irrigué de la Basse-Mahavavy, avec notamment la remise en état du réseau hydroagricole, compte tenu de son importance tant au niveau local, régional que national. Cette zone comprend exactement une superficie exploitable d'environ 18 000 hectares, dont 9 215 ha du domaine de l'usine Sucoma, et 8515 ha appartenant aux paysans (6 000 ha de riziculture, 2 000 ha de canne à sucre et 515ha d'autres cultures).

Des composantes

Selon les explications, le programme se déploie exclusivement dans le district d'Ambilobe et comprend plusieurs composantes telles qu'agroforesterie, chaine de valeur, etc. Le lancement des travaux de remise en état de ce réseau hydroagricole s'est tenu Ambilobe mercredi. Les travaux permettront d'augmenter la capacité du réseau d'irrigation d'une superficie d'environ 8 600 ha exploitée par les producteurs et 9 300 ha par l'usine sucrière. Environ 3,4 milliards d'ariary sont mobilisés par l'Union Européenne pour ces travaux dans le cadre de ce programme Afafi-Nord et prévus pour se terminer avant la fin de cette année.

D'après les techniciens, il s'agit du plus grand périmètre irrigué et du plus performant du pays grâce aux travaux et à une hausse de la production agricole par l'augmentation des superficies cultivables. Il joue un rôle économique important à l'échelle locale, régionale et nationale.

La cérémonie de lancement à Andavakatsantsa a vu la présence de quatre membres du gouvernement conduits par le Premier ministre Christian Ntsay, de l'ambassadeur de l'Union Européenne, Giovanni Di Girolamo, des personnalités locales dirigées par le gouverneur de la région Diana, Daodo Arona Marisiky. Les travaux de réhabilitation du réseau hydroagricole de la Basse-Mahavavy sont prévus par la Convention de financement du Programme Afafi-Nord, mise en œuvre dans les régions Diana, Sava et Analanjirofo jusqu'en 2025. L'objectif principal est de promouvoir un secteur agricole durable, inclusif et performant. Mais il faut aussi lutter contre la dégradation de l'environnement qui pèse sur la rentabilité de ce bassin de production.

Plus de: L'Express de Madagascar

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