Madagascar: Le face-à-face entre le pouvoir et l'opposition continue

L'échec de la manifestation qu'elle avait organisée, samedi dernier, l'avait momentanément désorientée. L'opposition, un moment réduite au silence, a retrouvé ses esprits. Elle a réorienté sa stratégie et elle commence à redonner de la voix. Elle a annoncé que son leitmotiv était un combat contre la dictature.

Le président Marc Ravalomanana qui se proclame comme le chef officiel de l'opposition est sorti de son silence pour dénoncer l'attitude du pouvoir qu'il qualifie, lui aussi, de dictatorial. Le régime a effectivement resserré son étau sur l'opposition, en exerçant une pression de plus en plus pesante. Le préfet de la ville d'Antananarivo a menacé de prendre des mesures contre les animateurs de la radio miara-manonja, accusés d'incitation à la haine et de trouble à l'ordre public. Des voix s'élèvent pour stopper la montée de la tension qui pourrait devenir dangereuse.

Le pays a besoin d'une véritable synergie pour redresser une situation socio-économique délicate. Le décaissement des crédits du FMI devrait avoir lieu dans trois mois et une certaine stabilité est plus que jamais nécessaire. Dans ce contexte, dirigeants comme membres de l'opposition devraient faire preuve de plus de responsabilité.

L'image du pouvoir est quelque peu écornée à l'extérieur, où l'on apprécie peu l'utilisation des forces de l'ordre pour brider l'opposition. Cette dernière, malgré la pression exercée sur elle, a décidé d'aller de l'avant. Les députés TIM de Tana ont déposé une demande d'utilisation du terrain de Soamandrakizay. Le calme est loin d'être revenu en cette fin du mois de février. Mars ne devrait pas lui aussi être de tout repos.

Sur le plan international, l'accalmie semble s'être installée sur le front de la Covid-19. Aux Etats-Unis, le nombre des personnes vaccinées atteint les chiffres de 50 millions. C'est une réussite pour le président Joe Biden qui espère atteindre le nombre de 100 millions de personnes vaccinées au mois d'août. Les 500 000 décès enregistrés ces derniers jours ne sont pas une source d'inquiétude pour le moment.

Les pays d'Europe se sont concertés pour essayer d'harmoniser leur politique de lutte contre le virus. Tout le monde est d'accord pour accélérer les campagnes de vaccination. Néanmoins, il n'y a pas d'unanimité pour l'instauration d'un passeport vert pour les vaccinés. En France, les autorités sont dans l'expectative et attendent de voir l'évolution de la situation sanitaire pour définir les mesures à prendre. Le Premier ministre, Jean Castex, suit de près l'évolution de la propagation de l'épidémie. Un confinement durant le week-end devrait être instauré dans une vingtaine de départements français.

Aux Etats-Unis, l'ancien président Donald Trump est rattrapé par ses affaires fiscales. Le procureur de New York a estimé que le secret fiscal devait être levé pour permettre de connaître la vérité sur les impôts non payés par Trump. Le président Joe Biden, quant à lui, met en place une politique étrangère totalement différente de son prédécesseur.

L'Arabie Saoudite reste un allié sûr de l'Amérique, mais les Houthis du Yémen ne sont plus considérés comme des terroristes. Le locataire de la Maison Blanche continue de faire preuve de fermeté vis-à-vis de l'Iran, qui n'a pas non plus l'intention de reculer devant la puissance américaine. Les relations avec l'Europe sont revenues à la normale.

Cette fin du mois de février n'est pas plus porteuse d'espoir que celle que nous avons connue il y a vingt-huit jours. Le face-à-face entre le pouvoir et l'opposition est toujours là, et la situation est plus mouvante que jamais. Le régime ne veut laisser aucune possibilité de contestation, mais l'opposition n'entend pas être réduite au silence. La partie d'échec entre les deux parties va encore continuer de plus belle.

Plus de: Midi Madagasikara

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