Soudan: Violences intercommunautaires au Darfour - L'argumentaire des tribus arabes

L'Association des avocats du Darfour a rencontré, le 24 février, le procureur général pour faire notamment le point sur les violences de janvier, dans la région d'El Geneina. Un meurtre avait entraîné une spirale de violences entre tribus arabes et non arabes faisant plus de 160 morts. Les communautés dites africaines accusent notamment les Arabes d'avoir participé au génocide du Darfour, de s'être accaparé leurs terres et de continuer à les attaquer aujourd'hui.

Malgré la révolution, les violences intercommunautaires sont en recrudescence, depuis le début d'année, au Darfour. Nous sommes à Kolge,dans le Nord de la province. Chameaux et chèvres broutent les pâturages autour du village habité par des Arabes de la tribu Rizeigat.

Le chef communautaire, Ramadan Izeri, montre une partie de champ calcinée. Il nous raconte que Kolge a été attaqué, il y a quelques jours, par une tribu non arabe voisine, les Zaghawas. Son récit met en évidence l'antagonisme entre les deux camps. « Ils voulaient tout brûler pour que nos animaux meurent de faim. On s'est défendus avec des armes blanches. On était plus nombreux, alors ils ont fui. Ces gens sont originaires du Tchad. Ils ont pris la nationalité soudanaise, mais à la base ils viennent d'ailleurs. »

Zaghawas mais aussi Fours et Massalit accusent les Arabes d'avoir volé leurs terres. Mais les Rizeigats et le chef Ali Jidda Amid affirment que cette région leur appartient.

« Notre peuple vivait dans cette zone même avant la colonisation anglaise. Mais les autres villages ne veulent pas qu'on soit ici. Ils sont toujours en train de se plaindre de notre présence », souligne Ali Jidda Amid.

Les autres tribus reprochent aux Rizeigat leur mode de vie nomade et accusent leurs animaux de manger les cultures. Une accusation rejetée par Ali Jidda Amid. « Ces routes ont été marquées par l'Etat avec des points de repère. Malgré tout, certains ont planté leurs champs sur le passage. Lors des transhumances, évidemment les animaux passent dessus et ça pose problème », nous explique-t-il.

Dans son argumentaire, l'homme désigne les non Arabes comme des « Zenji », des nègres. Autre preuve que la tension intertribale est profondément ancrée.

Plus de: RFI

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