Congo-Brazzaville: Programme du gouvernement - Les propositions écrites de la FEC attendues au plus tard le 1er mars

Le 26 février, le Premier ministre, Sama Lukonde, a reçu exceptionnellement le président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), Albert Yuma, dans le cadre des consultations en cours pour la formation du prochain gouvernement.

A l'ordre du jour des échanges, il y a eu essentiellement les questions liées à la relance économique. Sur ce point précis, le patronat national a promis de transmettre une documentation plus fouillée avant ce lundi au Premier ministre. Néanmoins, Albert Yuma a recommandé expressément à Sama Lukonde de privilégier l'expertise à la tête des ministères. Quant à la position de la FEC sur la formation de ce gouvernement, elle n'est pas intéressée à un quelconque poste.

Albert Yuma a tenu à éclairer l'opinion publique car il s'agit d'une rencontre symbolique. « Nous lui avons dit : "c'était une innovation magnifique d'associer la FEC dans les consultations" », a-t-il déclaré. Il n'y a eu aucun appel du pied du secteur privé au Premier ministre lors de la rencontre entre les deux personnalités qui se connaissent bien après un passage à la haute direction de la Générale des carrières et des mines (Gécamines). Albert Yuma, président du conseil d'administration et de la FEC, est reçu en audience par son ancien directeur général dont il reconnait d'ailleurs les mérites. « Il a l'expérience du public mais aussi du privé, donc il comprend nos préoccupations. Le fait de nous associer est un très bon signal », a-t-il signifié.

Pour Albert Yuma, la réussite de la relance économique est conditionnée par la réforme en profondeur de la fiscalité et des régies financières, ainsi que l'accentuation de l'amélioration du climat des affaires. Il n'y aurait, à ses yeux, aucune alternative que le développement de l'économie et la mobilisation des moyens financiers conséquents. Même si la présidence de la République table davantage sur le social, notamment la paix, la sécurité, l'éducation et le développement à la base, le patron des patrons juge indispensable que le programme du prochain gouvernement soit davantage influencé par la recherche d'une économie qui fonctionne véritablement et donne à l'État RD-congolais les moyens de son action. Par conséquent, il est convaincu que le secteur privé représente un interlocuteur valable. « Il sait que c'est vers le secteur privé, vers nous qu'il faut venir. C'est avec nous qu'il doit travailler », a-t-il dit.

Au sujet des relations entre le prochain gouvernement et le secteur privé, Albert Yuma assure d'abord de la volonté de son association d'apporter tout le soutien nécessaire au Premier ministre. Outre les goulots d'étranglement fiscaux évoqués antérieurement, il appelle également à la réforme de la justice et des cadres législatifs pour accélérer l'amélioration du climat des affaires. Pour relancer l'économie, la FEC propose au Premier ministre de porter une attention particulière sur trois secteurs : les mines pour leur contribution aux recettes intérieures, l'industrie pour la valeur ajoutée locale et la création d'emplois, ainsi que l'agriculture et l'agro-industrie qui seront les plus grands pourvoyeurs. « Il faut très vite prendre des textes pour les secteurs industriel et agricole. Il faut pousser l'entrepreneuriat national, et ce n'est pas seulement à travers la sous-traitance. Comme en Afrique du Sud ou ailleurs, il faut faire des textes de lois attractifs pour les nationaux », a-t-il demandé. Albert Yuma a promis de revenir pour déposer les propositions écrites du patronat rd-congolais : « Nous allons préparer tout ce qu'on lui a dit dans une documentation écrite qu'on lui ramène au plus tard lundi ».

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