Tunisie: Crise politique - Démonstration de force du parti Ennahdha

Le principal parti au pouvoir en Tunisie a mobilisé des milliers de partisans samedi 27 février. Une démonstration de force qui risque d'accentuer les tensions en plein bras de fer entre la formation islamiste Ennahdha et le président de la République.

Pendant que le Parti des travailleurs mobilisait 200 personnes, le parti Ennahdha a rassemblé plus de 10 000 sympathisants. Le mouvement islamiste entendait rappeler à l'opinion qu'il reste la première force politique au Parlement. Et qu'il soutient le gouvernement en place face au président de la République.

Unique parti capable de rassembler une telle foule, Ennahdha avait tout organisé. Des bus de tout le pays, des collations, des drapeaux de la Tunisie en nombre et une grande scène sonorisée pour prôner unité nationale et dialogue.

Nejib Akraou est venu du Sahel : « Nous sommes pour l'unité nationale. Pour dépasser la situation critique, politique par laquelle passe la Tunisie. Ennahdha ne bloque pas. Nahda est pour que les institutions travaillent ensemble car la situation économique et sociale ne peut pas supporter ce blocage. »

Le président de la République a refusé, pour soupçons de conflits d'intérêt, le remaniement ministériel du mois de janvier, entraînant une paralysie institutionnelle. Ennahdha entendait également envoyer un message au chef de l'État qui ne cesse de revendiquer le soutien de la rue. Ensaf Labéi : « Kaïs Saied n'est pas mauvais. Mais ses alentours, ils veulent que la dictature revienne. Qu'est-ce que ça veut dire la dictature ? C'est qu'une seule personne commande et gouverne. Non, nous ne voulons plus de ça. Nous voulons que le peuple gouverne. »

En perte de vitesse et d'influence, le parti islamiste s'en prend également au Parti Destourien Libre d'Abir Moussi qui, la semaine dernière, a mobilisé une foule de soutiens dans la ville de Sousse dont est originaire Mohamed Sahli :

« Les Tunisiens, ceux qui ont élu monsieur le président, ils ont été bernés, moi je suis parmi ces gens là. Mais on peut le supporter pour les trois prochaines années. Mais Abir Moussi, c'est elle qui arrête toute volonté de faire quelque chose pour l'économie, pour la société. C'est elle le problème majeur. »

Plus de: RFI

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