Ile Maurice: Insécurité à l'école - Sanjay Nalhury a été arrêté pour «Causing harm to child»

27 Février 2021

L'affaire fait grand bruit. Un individu a pénétré dans la cour de l'école Doorgachurn Hurry à Goodlands pour forcer deux élèves de l'établissement à manger un bonbon avant de tenter de les agresser, suite à leur refus. Sanjay Nalhury,un habitant de Verger Road a été arrêté par la Police dans le cadre de cette affaire. L'homme a raconté qu'il avait l'habitude de se rendre dans l'établissement. Les parents sont dans l'incompréhension.

Sanjay Nalhury, âgé de 34 ans, a été arrêté le 23 février après que des parents ont rapporté au poste de police de Goodlands qu'un individu avait pénétré dans la cour de l'école Doorgachurn Hurry, à Goodlands pour offrir des bonbons aux élèves. En effet, deux écoliers auraient été victimes des propositions de l'homme, une information qui s'est rapidement répandue dans la localité créant une psychose. Les soupçons des policiers se sont vite portés sur Sanjay Nalhury, un usager de drogue fiché à la police et qui s'invite souvent à l'école. La sécurité des élèves a été remise en question.Plusieurs parents concernés sont montés au créneau.

«Comment est-il possible que j'envoie mon enfant à l'école et qu'un individu louche y entre pour lui offrir un bonbon sans que cela n'alerte qui que ce soit dans l'établissement ? Mo pa suposé ena latet trankil kan mo pe avoy mo zenfan lekol? Mon enfant est traumatisé depuis cet incident. Il ne veut plus se rendre dans cette école, il a demandé à changer d'établissement», s'indigne la mère d'une des victimes. Pour rappel, le vendredi 19 février, son fils âgé de 8 ans, s'est vu offrir une sucette par un individu pendant la récréation. Alors qu'il le mangeait, il a constaté que la sucrerie contenait une substance blanche, laissant tomber le bonbon. L'individu aurait alors placé un sabre sous le cou de l'enfant pour qu'il ramasse la sucrerie et qu'il la mange. Quand l'enfant se serait baissé pour ramasser le bonbon, il aurait profité d'un moment d'inattention du jeune homme pour fuir et se réfugier dans sa classe sans oser en parler à quelqu'un. C'est chez lui, lorsque sa mère est entrée du travail qu'il a tout raconté. La mère, craignant pour la sécurité de son enfant, a attendu trois jours avant de rapporter le cas à la police. Celle-ci a déclaré: «mon autre fils, plus âgé est également traumatisé, car les élèves ne cessent de le taquiner». Le réaction d'autres parents ne s'est pas fait attendre.

«Dites-moi comment il est possible qu'une personne entre dans une école et place un sabre sous la gorge d'un enfant sans que personne ne voie quoi que ce soit ?» se demande un parent. L'individu est entré par une porte située à l'arrière de l'établissement où il n'y avait pas de vigile. Celui-ci étant posté au niveau de l'entrée principale. Une source officieuse nous signalera que l'homme en charge de la sécurité de l'établissement est souvent sous l'influence de l'alcool pendant les heures de classe, mais aucun responsable n'a souhaité confirmer l'information. «Ce n'est pas normal. Il aurait fallu qu'un vigile soit posté à chaque entrée. Un seul vigile pour la surveillance de tous ces élèves ne suffit pas. Il ne peut pas savoir qui est de la famille de l'enfant et qui ne l'est pas. Il faut plus de sécurité. C'est la vie de nos enfants qui est concernée. Parce qu'ils ne savent pas distinguer le bien du mal. Si une personne leur donne un bonbon, ils le prendront bien que nous les mettions en garde. Ils ne comprendront pas l'intention de la personne. Le ministère doit agir contre ce problème. Car c'est une situation inquiétante.» lance un autre parent venu chercher son enfant à l'école.

Par ailleurs, la même scène se serait produit avec un autre écolier qui se trouvait dans la cour de l'école. Celui-ci a raconté qu'un individu se serait approché de lui pour lui offrir une sucrerie. L'enfant aurait refusé, et l'homme aurait tiré sa main avant de la lui tordre. L'écolier a pu s'enfuir en arrachant le bonbon. Il s'est précipité au bureau de l'assistant maître d'école pour lui remettre la sucrerie. La mère de l'enfant a rapporté le cas à la police, mardi. «Un incident pareil se passe dans une école et les parents ne sont pas au courant... Nous avons appris ce qu'il s'est passé de bouche à oreille. Le professeur n'a même pas alerté les parents. Ce n'est pas parce que nous ne payons pas l'école que les choses doivent se passer de cette façon. La vie de nos enfants est tout de même importante», déclare une habitante de Goodlands. Les informations récoltées sur le terrain, ont abouti à l'arrestation de Sanjay Nalhury, un habitant de Verger Road, Goodlands. Celui-ci a nié les faits. Toutefois, il a expliqué qu'il a l'habitude de se rendre à l'école Doorgachurn Hurry qui se trouve à quelques pas de chez lui pour visiter sa nièce, qui fréquente l'établissement. Après son interrogatoire dans la nuit du 23 février, le toxicomane a été autorisé à rentrer chez lui. Il a de nouveau été arrêté, jeudi et il a été placé en détention. Il a comparu en cour sous une charge de Causing harm to child, vendredi. La police a objecté à sa remise en liberté et il a été reconduit en cellule.

Par ailleurs, après les incidents rapportés dans des écoles du Nord, la brigade des mineurs a décidé de réagir. «Bien évidemment, les campagnes de sensibilisation se succèderont et il faudra désormais mettre les bouchées doubles. Car plus les jeunes seront avertis du danger, plus le risque de prise de drogue, diminuera dans le pays.» Toutefois, ce n'est pas à la brigade d'enquêter sur ce genre d'affaires, ce sera à la section de l'Anti Drug & Smuggling Unit (ADSU) de prendre le relai. D'ailleurs, indique-t-on, il reste à déterminer si c'était bel et bien de la drogue. «Dans certains cas, des suivis avec l'enfant peuvent avoir lieu.»

Selon un haut-gradé, c'est la première fois dans sa carrière que des enfants sont forcés par des adultes à prendre des bonbons suspicieux, au sein même des écoles. «Je n'ai pas l'impression que des cas similaires aient déjà existé dans le passé.» «De plus, explique la brigade des mineurs, la sensibilisation dans les écoles et à travers l'île se fait toute l'année. Pa parski aster la pou ena bann cas, ki nou pou kumansé, pe deza fer li.»

L'unité de police met en garde : «Pour attirer cette tranche d'âge, tous les moyens sont bons. En plus de rendre la drogue visuellement tentante, des noms qui font envie leur sont attribués, comme strawberry quik entre autres.» Il faut, dit-elle, que les jeunes ne se laissent tenter par aucune drogue. «Bizin kapav différencié ent seki bon ek pa bon. Pour cela rien de mieux que la prévention.»

Nous avons également tenté d'obtenir la version du ministère de l'Education, à ce sujet. Aucune ligne de communication n'a pu être établie avec la ministre. Vinod Seegum, président de la Government Teachers' Union (GTU) se dit très concerné par cet incident, comme tout le monde dans le système éducatif. «Cet incident a créé un sursaut chez la population et démontre que nos propos sur la sécurité dans les écoles sont justifiés.» Ce dernier indique qu'il a longtemps attiré l'attention sur l'accès des adultes dans les cours d'écoles. Mais rien n'a été fait. Là où les accès ont été règlementés, les parents ont manifesté leur mécontentement.

Pour le président de la GTU, il est déjà arrivé que des personnes tentent d'écouler leur produit dans les écoles. «Aujourd'hui, il faut que chaque école possède un gate security. Ce n'est pas dans le scheme of duty d'un enseignant ou d'un care-taker de surveiller la porte. Il nous faut miser sur la sécurité de tous les enfants.» Il fait toutefois ressortir que durant les récréations, deux ou trois enseignants sont chaque jour, à tour de rôle chargés de la surveillance. «Mais désormais, il est urgent de venir avec des lois rigides.»

Pas de drogue dans le bonbon

La police a appris que depuis quelques jours, un audio d'une durée d'une minute est en circulation. L'auteur de l'enregistrement avance que la substance blanche qui a été retrouvée dans le bonbon serait bien de la drogue et que l'information est officielle. La police met en garde cette personne car celle-ci diffuse une information fausse dans le but de créer la psychose, rassurant les parents qu'il n'y avait pas de drogue dans le bonbon, cela après que la sucrerie a été envoyée au laboratoire pour être analysée. Pour l'heure, les enquêteurs ignorent la raison qui a poussé Sanjay Nalhury à offrir des bonbons aux écoliers.

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