Burkina Faso: Une Lettre pour Laye - - Tentative d'enlèvement d'un écolier à Kaya

Cher Wambi,

Tu te rappelles que, dans une lettre datée du 18 janvier 2021, Bassolma Bazié, le secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT/B), informait les autorités du pays de sa démission de la fonction publique. Le professeur certifié des lycées et collèges qui enseignait les Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) a motivé sa décision par le fait d'avoir été victime de ce qu'il qualifie d'« affectation arbitraire ». Ce jet d'éponge avait fait les choux gras de la presse à l'époque avant de tomber un peu dans l'oubli.

Mais voilà que cette démission revient sur le devant de la scène avec cette lettre ouverte que Bassolma a adressée au Contrôleur général d'Etat. Dans cette missive, le leader syndical assure que les autorités ont pris acte de sa décision d'où sa désapprobation de constater qu'un salaire a été traité et positionné à son nom. Suite à ce constat, l'enseignant de SVT a immédiatement écrit le 23 février 2021 au directeur de la Solde pour exiger l'arrêt de tout mandatement à son nom.

Bassolma Bazié a invoqué les dispositions pertinentes de la loi N°081-2015/CNT portant Statut général de la fonction publique d'Etat, notamment les articles 184 et 185, pour justifier l'effectivité de sa démission. Alors que disent exactement les articles visés ? Découvrons-le tout de suite :

Article 184 : La démission est la cessation définitive des fonctions qui résulte d'une demande expresse du fonctionnaire. Tout fonctionnaire désireux de démissionner de son emploi doit, dans un délai de deux mois avant la date présumée de départ, adresser une demande écrite au ministre en charge de la fonction publique, exprimant sa volonté sans équivoque de quitter définitivement son emploi. Le ministre doit faire connaître dans un délai d'un mois l'acceptation ou le refus de la démission. L'acceptation de la demande est sanctionnée par un arrêté du ministre fixant la date de prise d'effet de la démission, qui devient irrévocable à partir de sa notification à l'intéressé. Passé le délai indiqué à l'alinéa 3 ci-dessus, le silence vaut acceptation.

Article 185 : Le fonctionnaire démissionnaire qui cesse ses fonctions malgré le refus de l'autorité compétente, avant l'acceptation expresse de sa démission ou avant la date fixée par l'autorité compétente, est licencié pour abandon de poste.

Au regard de ces dispositions, il n'y a pas de débat à faire. Seulement il ne faut pas oublier le fonctionnement de la machine administrative qui sait faire dans la lourdeur au point de rallonger les délais d'application concrète des décisions.

C'est dire que, dans le cas d'une démission, le salaire n'est pas automatiquement coupé. Et ce n'est pas la première fois que des démissionnaires de la fonction publique ou des mis en disponibilité voient leurs salaires mandatés encore durant des mois et même parfois durant toute une année. Il ne faut pas se réjouir de cette lenteur, car elle crée des déperditions de ressources. C'est pourquoi il faut louer l'honnêteté de Bassolma Bazié qui refuse de percevoir un salaire indu alors que certains allaient se taire et empocher sans broncher les sommes mandatées sur leur compte bancaire.

Cher Wambi, comme tu l'auras constaté depuis un certain temps, les médias nationaux et même internationaux font de moins en moins état de cas d'attaques terroristes dans notre pays, contrairement à une certaine époque où les informations se suivaient, les unes aussi sanglantes que les autres.

Comme on le dit souvent, « pas de nouvelles, bonne nouvelle ».

C'est que, sans avoir été définitivement éradiquées, les actions des groupes armés ont drastiquement baissé aussi bien en fréquence qu'en intensité.

Cette embellie sécuritaire, qui se traduit par endroits par le retour progressif de personnes déplacées internes dans leurs patelins d'origine, nous la devons sans nul doute à la montée en puissance de notre armée, comme on le dit dans le jargon militaire.

Il convient aussi d'associer aux Forces de défense et de sécurité (FDS), en première ligne sur le théâtre de la lutte contre le terrorisme, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) dont la contribution à la sécurisation de nos villages est reconnue par tous.

Cher cousin, si toutefois il y a des nouvelles du front à te donner, ce sont celles liées aux actions des FDS qui, loin de dormir sur leurs lauriers, continuent de porter des coups de boutoir à l'hydre terroriste.

C'est le cas avec la récente opération militaire menée dans la province de l'Oudalan au cours de laquelle une dizaine de combattants ennemis ont été abattus et d'importants matériels saisis.

C'est ce qu'indique ce communiqué de l'état-major général de l'armée dont je te propose l'intégralité :

« Suite aux attaques récurrentes contre des populations civiles ces derniers temps dans la province de l'Oudalan, les Forces armées nationales ont planifié et conduit des opérations de ratissage afin de retrouver les terroristes et de sécuriser les populations. Ces opérations, qui ont combiné actions terrestres

et aériennes, ont été effectuées dans la forêt de Bangao et dans les localités de Tasmakat, Fourkoussou et Bidy les 23 et 24 février 2021. Le bilan fait état de onze (11) terroristes neutralisés et d'un (1) capturé. Des moyens roulants, de l'armement, des munitions, des moyens de communication et divers autres matériels ont été récupérés. Aucune perte n'a été enregistrée côté ami.

Le CEMGA félicite les unités qui ont mené cette action importante. Il les exhorte à poursuivre les opérations de sécurisation avec le même engagement et la même détermination ».

Le Directeur de la Communication et des

Relations publiques des armées

Cher Wambi, depuis le mercredi 24 février 2021, le monde des médias a perdu un de ses talentueux et jeunes reporters.

Il s'agit de Remi Lambert Nébié de la télévision BF1 dont le dernier chef-d'œuvre a porté sur les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) du village de Kargo dans la région du Centre-Nord.

Intitulée : « Dans l'univers des Volontaires pour la défense de la patrie », cette immersion de cinq jours de notre jeune confrère a permis au grand public d'avoir un aperçu de l'apport de ce groupe d'auxiliaires civils de sécurité à la lutte contre les groupes armés.

La diffusion du reportage en fin janvier a donné lieu à un débat sur les plateaux de BF1 entre quatre invités, dont le chef d'état-major de l'armée de terre, le colonel-major Gilles Bationo, au sujet des conditions de travail et de prise en charge des VDP.

En prélude aux discussions, les téléspectateurs ont eu droit à un témoignage de Remi Lambert Nébié sur les circonstances dans lesquelles il a pu réaliser son reportage.

Cher cousin, c'est alors que l'on a appris, qu'en plus du danger permanent lié à l'environnement sécuritaire qui est celui de la zone, le reporter a été victime d'une chute à moto avec son guide local. Un accident qui lui a causé « une entorse à l'épaule », mais malgré la douleur, qui l'empêchait même de porter son sac d'ordinateur, il a tenu à aller jusqu'au bout de sa mission.

A le voir ce jour devant son confrère Kouamé Hervé Dapa, rien, absolument rien ne présageait que quelque trois semaines après, le journaliste Remi Lambert Nébié connaîtrait pareil triste sort.

Il a été conduit dans sa dernière demeure hier dans l'après-midi au cimetière de Toudoubweogo en présence d'une foule de confrères partagés entre la stupéfaction et la consternation.

Cher Wambi, à présent, je t'invite à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l'Intrigante.

- La scène rocambolesque s'est produite dans la matinée du lundi 22 février 2021 dans un quartier périphérique du secteur n°04 de Kaya. Selon les témoignages, une fillette de la classe du CP2 a été victime d'une tentative d'enlèvement par un individu non identifié à proximité des latrines de son école. Suite à l'alerte donnée par une des vendeuses du petit marché de l'établissement qui s'est inquiétée du comportement suspect de l'individu, l'élève a eu la vie sauve. Quant à la personne aux agissements suspects, elle s'est évanouie dans la zone non lotie qui jouxte le domaine scolaire. Informés des faits, les services de la sécurité ont ouvert une enquête afin de démasquer le ou les auteurs de cet acte malintentionné. Aussi, les populations sont invitées à plus de vigilance et à une franche collaboration avec la police et la gendarmerie. Et cela pour plus d'efficacité dans la lutte contre l'insécurité dans la ville de Kaya en particulier, et dans la région du Centre-Nord en général.

- Le ministre d'Etat en charge de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale, Zéphirin Diabré, a été reçu en audience ce jeudi 25 février 2021 par Sa Majesté le Naaba Kiiba, roi du Yatenga.

Par la voix de son porte-parole, le roi du Yatenga a invité les Burkinabè à adhérer au processus de réconciliation nationale pour la paix des cœurs et le vivre-ensemble qui passent par le pardon, car, a-t-il soutenu, « qui veut la paix ne compte pas les tombes ».

Le chef des Yadsé a aussi proposé la mise en place d'un mécanisme traditionnel de réconciliation piloté par les chefs coutumiers dans le cadre d'une structure formalisée par décret présidentiel.

- A l'issue du Conseil des ministres de la semaine dernière, les membres du gouvernement ont reçu chacun le livre « Se réconcilier ou périr : chronique d'une nation en sursis » du journaliste et chroniqueur politique Lookmann Sawadogo.

L'initiative est du ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Ousséni Tamboura, qui a passé commande de 35 ouvrages auprès de l'auteur.

Le donateur, dans le sens d'une « culture du gouvernement », a voulu que les ministres s'informent des concepts qui vont avec la question de la réconciliation nationale, laquelle est une priorité gouvernementale, a-t-on appris.

- En dépit des appels à la prudence chez les conducteurs de véhicules, de tricycles et d'engins à deux roues, les accidents de la circulation continuent d'endeuiller les populations. Dans la région du Centre-Nord, un drame s'est produit dans la matinée du mardi 23 février 2021 sur la route nationale n°3, précisément dans le village de Kombangmbedo situé sur l'axe Tougouri-Pissila. Il s'agit d'un accident de véhicule de transport en commun minibus qui transportait une quarantaine de fidèles protestants ressortissants de Damkarko et de Bisguin, des villages de la commune de Bouroum dans la province du Namentenga. Ils se rendaient à une rencontre de prières dans l'arrondissement de Boulmiougou à Ouagadougou. Selon les informations, la crevaison d'un des pneus arrière du car serait à l'origine du drame, qui a fait 03 morts sur le champ et 23 blessés évacués au CMA de Tougouri et au centre hospitalier régional (CHR) de Kaya. Une femme qui faisait partie des accidentés évacués à Kaya a succombé de ses blessures dans la même soirée du mardi, allongeant donc à 04 la liste des personnes décédées.

- En cas d'accident, d'incendie et d'autres sinistres, les premiers secours sont apportés par les sapeurs-pompiers. Un corps qui est militaire dans notre pays. Pourtant ces missions peuvent être remplies par des civils à travers le corps de la protection civile. C'est la conviction d'un des fidèles lecteurs de L'Observateur Paalga qui l'a exprimée dans les lignes qui suivent :

« La Brigade nationale des sapeurs-pompiers accomplit une mission de service public. Mais le Burkina Faso n'a pas les moyens de déployer des sapeurs-pompiers militaires sur toute l'étendue du territoire national. La création d'un corps de la protection civile rattaché à un autre ministère peut être envisagée. Les sapeurs-pompiers militaires relèveront exclusivement du ministère de la Défense et pourront assurer une mission de formation du corps de la protection civile. Aussi, en cas de sinistre de grande envergure, les sapeurs-pompiers militaires seront sollicités pour apporter un appui logistique au corps de la protection civile ».

- Le lundi 15 juillet 2019 à Ouagadougou, les policiers ont découvert avec stupeur que 11 personnes gardées à vue à l'unité antidrogue étaient décédées. Elles étaient détenues dans le cadre d'une enquête de la police nationale sur le trafic et la consommation des stupéfiants. Pour faire la lumière sur cet incident, le procureur du Faso avait ouvert une enquête. Des policiers de cette unité sont dans le viseur et certains responsables de la chaîne de commandement ont été relevés de leurs fonctions.

Depuis plus rien ne filtrait sur cette procédure au point que certains croyaient que le dossier était rangé dans un tiroir. Mais que non ! Le dossier, comme on le dit dans le jargon, suit son cours normal. Délocalisé à Ziniaré à cause du statut d'agent de police judiciaire des personnes incriminées, le dossier a été appelé à la barre en fin de semaine dernière et vite renvoyé au mois d'avril prochain parce que tout simplement il n'était pas en l'état.

- Le terrorisme est devenu une triste réalité qui endeuille de nombreuses familles dans notre pays. La lutte contre ce fléau doit être une préoccupation et un engagement de tous les enfants de la patrie. C'est ainsi qu'il faut percevoir et saluer l'initiative du ministère en charge de l'Education nationale qui consiste à inciter les élèves, les enseignants et tout le personnel d'encadrement et d'appui de l'éducation à se cotiser pour soutenir les Forces de défense et de sécurité (FDS). Le seul bémol de cette noble initiative est la fixation d'une contribution minimale par cotisant. Le fait de refuser de prendre tout montant inférieur à la cotisation fixée est très discutable notamment concernant les élèves quand on sait qu'ils ne travaillent pas et qu'au finish c'est de la poche des parents que chaque élève tirera l'argent de cette cotisation. C'est pourquoi il faut que le ministère instruise les collecteurs de fonds d'accepter tout montant qu'un cotisant est prêt à consentir. C'est cette voie qu'il faut suivre au lieu d'obliger les gens à respecter le seuil minimal fixé comme si c'était d'accord partie entre le ministère et les cotisants.

- Samedi 27 février à partir de 9 heures au lycée Yamwaya de Ouahigouya, une assemblée générale de l'Amicale des anciens élèves du cours normal Antoine Roche/Lycée Yamwaya de Ouahigouya (A.A.E-C.N.A.R.O-LY).

Ordre du jour : bilan du mandat du bureau sortant et mise en place d'une nouvelle équipe dirigeante.

De joyeuses retrouvailles en perspective.

Toujours demain samedi mais cette fois-ci à Ouagadougou à partir de 15 heures à l'IPD/AOS, cérémonie de dédicace de la deuxième œuvre littéraire de Daniel Lankoandé dont le titre est : « Sur la colline de l'illusion ».

Edité par la maison « BITENBALA » avec le soutien du Bureau burkinabè du droit d'auteur (BBDA), ce roman raconte le parcours d'un étudiant venu de la campagne dont le rêve était d'obtenir de grands diplômes afin d'intégrer la haute administration. Mais les réalités de la vie quotidienne dans la capitale en décideront autrement sur l'avenir de Wend-Kuni qui trouvera son chemin de Damas loin de la fonction publique.

- Dimanche 28 février, de l'effervescence au palais du Larlé Naaba Rapraoa Tigré. En effet, c'est ce jour que sera célébré le Baasga 2021 ou fête coutumière annuelle. La cérémonie, qui coïncide avec les 31 ans de règne du Larlé Naaba Rapraoa Tigré, sera marquée, entre autres, par un déjeuner offert au palais à partir de 13 heures suivi d'une animation culturelle.

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie.

Au revoir.

Ton cousin

A La Une: Burkina Faso

Plus de: L'Observateur Paalga

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.