Cameroun: Pas d'impunité

A la suite des agissements inacceptables pour lesquels deux gendarmes, deux soldats et quatre policiers sont mis en cause, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, a instruit la mise aux arrêts des huit éléments incriminés.

Dans un communiqué publié le 15 février 2021, le chef de division de la communication du MINDEF informe par ailleurs l'opinion que les enquêtes disciplinaires, administratives et judiciaires prescrites par le haut commandement et ouvertes par les autorités administratives locales et les forces de défense et de sécurité, permettront de préciser les contours de ces actes intolérables. Car, ajoute-t-il, ceux-ci sont en rupture avec, d'une part, le respect des règles d'engagement, et, d'autre part, la protection des droits humains, principes cardinaux auxquels les éléments des Forces de défense et de sécurité camerounaises sont fermement astreints.

Dans ces conditions, il serait déplacé, voire injuste, de s'appuyer sur ce malheureux incident pour jeter du discrédit sur l'ensemble de nos Forces de défense et de sécurité. Notre armée étant essentiellement disciplinée et professionnelle. Avec abnégation, honneur et fidélité, elle défend chaque jour les personnes et les biens, en même temps que l'intégrité territoriale du pays face aux menaces venant de l'intérieur et de l'extérieur.

Cependant, il faut souligner à grands traits que chaque fois qu'un écart de comportement est observé sur le théâtre des opérations, le haut commandement n'hésite pas à enquêter, établir les responsabilités et à sanctionner les coupables conformément à la réglementation et aux lois en vigueur. C'est toujours le cas. Les bavures décriées dans le passé sont là pour le témoigner à suffisance.

Illustratives sont à cet égard les poursuites engagées contre les auteurs des tragiques événements survenus dans la nuit du 13 au 14 février 2020 dans la localité de Ngarbuh. On se souvient en effet, qu'en exécution des très hautes instructions du chef de l'Etat, Paul Biya, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, avait mis sur pied une Commission d'enquête mixte avec pour mission de faire la lumière sur les circonstances de la survenue desdits événements, puis, d'établir les responsabilités des différents acteurs.

Par la suite, un communiqué publié le 21 avril 2020 par le ministre d'Etat, secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, révélait que le président de la République, ayant pris connaissance du rapport de cette Commission d'enquête, a prescrit plusieurs mesures, parmi lesquelles : l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre le chef de bataillon Nyiangono Ze Charles Eric, et contre tous les militaires ayant participé à l'opération de Ngarbuh ; l'arrestation du sergent Baba Guida, du gendarme Sanding Sanding Cyrille et du soldat de première classe Haranga Gilbert, ainsi que des dix membres du Comité de vigilance impliqués dans la tragédie de Ngarbuh 3 ; l'ouverture d'une procédure judiciaire contre eux.

Après avoir assuré les familles des victimes de sa détermination à veiller à ce que justice soit faite, Paul Biya avait également saisi cette occasion pour réitérer ses instructions fermes aux différents niveaux hiérarchiques des Forces de défense et de sécurité, de veiller, « avec une détermination accrue, que celles-ci accomplissent toujours leur devoir avec professionnalisme, assurent tout particulièrement la protection des civils et s'assurent que les allégations relatives à d'éventuelles exactions fassent systématiquement l'objet d'enquêtes et le cas échéant, de sanctions appropriées ».

Il avait enfin rappelé que « la protection des droits de l'Homme est une cause noble et sérieuse qui doit être défendue avec vigilance et fermeté, mais aussi avec sérénité et discernement, sans être polluée par des motivations politiques qui ne peuvent que l'affaiblir ».

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