Sénégal: Sédhiou / Abandon des classes prescolaires communautaires par les maires - L'Unicef et les ief exhortent les collectivités à se ressaisir

Les classes préscolaires communautaires (CPC) initiées en 2010 dans la région de Sédhiou connaissent une baisse considérable de leur rythme de fréquentation. Cela s'explique par un manque de motivation des prestataires longtemps restés sans prise en charge. La plupart des maires dont les collectivités sont bénéficiaires de ces classes et qui s'étaient engagés à leur octroyer une subvention annuelle de 500.000F CFA n'ont hélas pas tenu leur promesse.

L'UNICEF qui avait accompagné les acteurs à donner corps à cette vision de prise en charge de la petite enfance et les inspecteurs de l'éducation sont repartis rencontrer la semaine dernière les acteurs communautaires pour solliciter l'accompagnement des maires. La montagne a accouché d'une souris.

C'est à partir de 2010 que ces classes préscolaires communautaires avaient été expérimentées pour la première fois dans la région de Sédhiou sur proposition de El Hadji Cissé, alors inspecteur de l'éducation de Sédhiou avec l'accompagnement de l'UNICEF. Après une décennie de mise en œuvre, ces CPC sont en chute libre.

Les engagements pris par les maires pour une enveloppe globale et annuelle de 500.000F CFA pour la motivation des volontaires qui tiennent ces classes ne sont plus respectés. Cette semaine, des rencontres ont eu lieu avec les différents acteurs pour relancer ce cycle. Cheickou Sidibé l'inspecteur de l'éducation et de la formation de Bounkiling qui a animé une rencontre à Diaroumé interpelle les maires : « il s'agissait de 10 sites chez nous et au niveau de chaque site, il y avait deux classes à savoir la moyenne et la grande section donc pour les enfants de 4 à 5 ans. Les CPC, à elles seules, ont occupé les 29% de l'effectif des classes préscolaires » dit-il.

L'IEF de Bounkiling de poursuivre : « il était question, après l'ouverture de ces classes préscolaires, que les maires qui les ont abritées, de les appuyer pour une subvention de 500.000F CFA annuelle. Malheureusement, on s'est rendu compte que les engagements pris n'ont pas été respectés pour la plupart des élus. Nous demandons aux maires de se ressaisir car ces classes jouent un rôle important dans la préparation de ces enfants au cycle élémentaire »

Dans le département de Sédhiou, une rencontre similaire est organisée à Bambaly, occasion pour les volontaires de ces classes préscolaires communautaires de solliciter le soutien de l'Etat. Judicaël Napel est le directeur des CPC de Bamacounda : « nous travaillons sans rien recevoir en retour alors que nous sommes des chefs de famille. Certes, nous sommes prêts à donner de notre mieux pour l'éducation de nos enfants mais un minimum de rémunération aiderait à assurer la continuité des enseignants/apprentissages dans ces écoles. Nous sollicitons le soutien de l'Etat pour trouver une solution durable et définitive à ce problème ».

Quant à Yves Olivier Kassoka, le chef du bureau de zone UNICEF, il a tenu à rappeler le rôle déterminant que jouent ces classes préscolaires communautaires avant de solliciter l'accompagnement des maires. Le premier adjoint au maire de Bambaly, Gilbert Sadio, a répondu que des perdium pourraient être un palliatif sans toutefois rassurer de la disponibilité intégrale de la subvention attendue.

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