Congo-Brazzaville: Transport aérien - Les compagnies nationales en perte de vitesse

Lina Congo en 2002, Ecair en 2016 et la société Nouvelle Air Congo depuis mars 2020, les arrêts et fermetures ponctuent la vie des compagnies aériennes congolaises.

Lorsque Equatorial Congo airlines (ECAir) ouvre ses portes en 2011, une bouffée d'oxygène a envahi nombre de Congolais. Des liaisons locale et internationale sont assurées régulièrement par cette compagnie. En plus, des emplois sont créés. Certains jeunes congolais y accèdent. Mais le beau temps n'a duré que cinq ans.

Suspendus, une première fois en juillet 2016, les vols intérieurs de la compagnie avaient brièvement repris fin septembre de la même année, du moins entre Brazzaville et Pointe-Noire, avant que les avions ne soient à nouveau cloués au sol, le 10 octobre 2016, quand l'Asecna a décidé de suspendre la fourniture des services de la navigation aérienne à la compagnie sur toutes ses plateformes, en raison de son état d'endettement.

Un chômage technique de cinq années, à ce jour, s'est alors imposé aux employés. Des arriérés de salaires se sont accumulés et les employés sont aux abois.

Devant cet état de fait, nombreux sont les Congolais qui restent dubitatifs, quant à la reprise des activités de ladite compagnie, malgré la réception en janvier dernier de l'un des Boeing et des promesses de relance.

Par ailleurs, nous sommes sans ignorer que le coronavirus a imposé ses restrictions dans divers domaines de la vie. C'est d'ailleurs la raison évoquée pour justifier l'arrêt des activités de la compagnie aérienne Nouvelle Air Congo.

Néanmoins, si depuis l'assouplissement des mesures barrières, certaines compagnies aériennes reprennent peu à peu leurs activités, à l'instar d'Air France avec son vol Paris-Brazzaville et Brazzaville-Paris, la flotte d'ECAir est toujours au sol et les employés au chômage technique.

Entre salaires impayés et attente de la reprise des activités, les agents croisent les doigts, en espérant une reprise des activités dans de brefs délais.

Il fut un temps où le ciel congolais affichait une flotte prometteuse et assurerait des liaisons régulières entre ces villes. En effet, à l'ère de Lina Congo, dans les années 1970, la flotte de cette compagnie comprenait un Douglas DC-4, deux Douglas DC-3, un Fokker F27 et deux avions légers, et le réseau de liaisons couvrait: Brazzaville; Owando; Dolisie; Impfondo; Makabana; Makoua; Moanda; Ouesso et Pointe-Noire.

En 1974, le Canada a annoncé un programme d'aide de 5,7 millions de dollars canadiens au Congo-Brazzaville pour développer l'aviation civile dans le pays. Le programme, composé de 4 904 000 dollars de subventions et d'un prêt de 880 000 dollars, avait permis la rénovation de Lina Congo. À la fin des années 1970, deux de Havilland DHC-6 Twin Otters de fabrication canadienne se sont joints à la flotte et le reste de la flotte comprenait un DC-3, un Nord 262, deux Antonov An-24 et deux Fokker F27.

À cette époque, la compagnie aérienne appartenait à 66% au gouvernement congolais. Mais en 2002, tout bascule, le gouvernement congolais dissout la compagnie aérienne, après avoir subi de lourdes pertes. Depuis lors, les compagnies aériennes congolaises sont rythmées d'épisodes courts et intenses d'activités mais pas vraiment stables.

Au-delà de vœu pieux, il faut pour ce secteur s'engager dans l'action afin de remonter la pente, améliorer la qualité des services offerts et stabiliser l'activité de ces compagnies aériennes, car le développement du Congo dépend indubitablement de l'interconnexion entre ses localités.

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