Congo-Kinshasa: Métaux - Une embellie des cours mondiaux à prendre avec prudence

Le ministre sortant des Mines, Willy Kitobo, a reconnu l'opportunité offerte au pays de relever ses recettes, mais une reprise intensive des activités minières nationales dépendra des profonds changements à instaurer durablement dans le secteur. Pour l'heure, la question de l'extraversion de l'économie RD-congolaise qui dépend plus de ses mines doit constituer une préoccupation majeure pour le prochain gouvernement.

S'adressant directement au prochain gouvernement de la République piloté par Sama Lukonde, Willy Kitobo Samsoni a fait quelques recommandations essentielles. Des propos qui surviennent après une hausse des prix de certains métaux, dont le cuivre et le cobalt. Depuis le 26 février dernier, le cuivre se vend sur le marché international à 9 600 USD/dollars, tandis que le cobalt côtoie désormais les 52 000 USD/tonnes. Un mois plus tôt, les deux métaux se vendaient respectivement à 7 795 USD/tonnes et 32 000 USD/tonnes.

Pour le cobalt, plusieurs analyses laissent entrevoir la possibilité de revenir à des niveaux atteints en 2017 et 2018, soit plus de 80 000 USD/tonne. « L'activité minière est la plus importante de l'économie de notre pays puisque contribuant à plus de 50 % de manière directe et indirecte aux recettes mobilisées par le Trésor public ». Si l'opportunité est bien réelle pour le pays de se refaire une santé financière, il y a aussi les défis qui attendent le pays dans un secteur très stratégique.

Dans un document de plus de dix pages, le Pr Willy Kitobo a rappelé les circonstances de la faillite des sociétés minières du portefeuille avant 2002. Depuis cette chute, aucune thérapie de choc n'a pu les aider à surmonter la crise. « Elles ont du mal à relancer leurs activités et contribuer efficacement comme dans le passé aux recettes de l'État et au PIB du pays ». L'année 2002 marque également la promulgation de la loi minière et le boom minier avec l'investissement privé, principalement étranger. Toutefois, a-t-il expliqué, l'impact espéré n'a pas été au rendez-vous. Ce constat a conduit à la révision du Code minier de 2018.

Si la production est bien passée de 400 000 tonnes de cuivre par an dans les années 1980 à 1 500 000 tonnes de cuivre par an produits essentiellement par des sociétés privées, l'investissement a bien changé de mains au cours de cette période. La RDC ne doit désormais se contenter que des recettes de la production insignifiante des sociétés du portefeuille de l'État, des dividendes dues aux parts de sa participation dans les sociétés privées et des droits, taxes et redevances à payer conformément aux dispositions du Code minier. « Avec les exportations enregistrées au Haut-Katanga et au Lualaba, les services des mines enregistrent des redevances minières constatées et chiffrées entre 13 000 000 et 17 000 000 de dollars par semaine ».

Défis

Aujourd'hui, des défis s'imposent pour développer le secteur minier et augmenter les recettes de l'État dans ce secteur. Il y a, par exemple, la relance des activités des entreprises minières du portefeuille de l'État qui possèdent des actifs miniers les plus importants, et l'opérationnalisation du Fonds minier pour les générations futures. Ces défis ne doivent pas occulter la part importante de la lutte contre les principaux maux qui rongent le secteur minier : fraude et contrebandes minières. Globalement, le ministre sortant identifie plusieurs exigences : le maintien de la bonne politique de gestion du secteur minier, le dialogue avec toutes les parties prenantes, la poursuite des réformes engagées pour mobiliser les recettes, l'assainissement des activités minières artisanales et le renforcement de l'application des dispositions du Code minier touchant aux intérêts des communautés locales impactées par les projets miniers. En arrivant à maîtriser les différents paramètres évoqués, le prochain gouvernement pourrait bien présenter un collectif budgétaire

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