Nigeria: Des jihadistes attaquent une base de l'ONU dans le nord-est

Des soldats nigérians attaquent les camps de Boko Haram

La ville de Dikwa dans le nord-est du Nigeria, a été la cible d'un assaut soutenu des jihadistes la nuit dernière. Les hommes de l'Iswap, la branche de Boko Haram affiliée à l'État islamique, ont pris d'assaut la ville située à moins de 100 km de Maiduguri, la capitale de l'état de Borno - et ont attaqué un camp militaire et une base de l'ONU où se sont réfugiés 25 travailleurs humanitaires, selon des sources sécuritaire et humanitaire.

L'attaque d'hier soir a été rapide et spectaculaire, rapporte notre correspondante à Lagos, Liza Fabbian : les jihadistes de l'Iswap ont envahit la ville de Dikwa et lancé un assaut simultané sur un super camp de l'armée nigériane et sur une base de l'ONU.

« Les terroristes de Iswap ont lancé une attaque simultanée sur un super camp (base militaire) et sur une base humanitaire de l'ONU », selon une source militaire citée par l'AFP.

L'armée est intervenue pour tenter de repousser les assaillant, avec le soutien d'un avion et d'un hélicoptère. Des renforts ont également été déployés depuis la ville voisine de Marte - qui a été reprise la semaine dernière par les militaires nigérians - après être tombée aux mains de l'Iswap une semaine auparavant.

Les humanitaires réfugiés dans un bunker

« La base des humanitaires a été incendiée par les combattants mais jusqu'ici aucun employé n'a été touché », a déclaré à l'AFP une source humanitaire. « Nous avons 25 employés qui ont trouvé refuge dans un bunker, que les insurgés tentent actuellement d'envahir », a-t-elle précisé, confirmant des informations du responsable de l'armée.

Il y a trois ans, le 1er mars 2018, des combattants de Iswap avaient attaqué une base de l'ONU dans la ville de Rann, dans le nord-est du Nigeria. Huit membres des forces de sécurité avaient été tués ainsi que trois employés nigérians de l'Unicef et de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).

Dégradation de la situation sécuritaire

Il y a moins d'une semaine, la grande ville de Maïduguri a été la cible de plusieurs tirs d'obus de mortier qui ont fait au moins 16 morts et de très nombreux blessés. Et c'est la troisième fois que les jihadistes attaquent la ville de Dikwa, où le gouverneur de l'Etat de Borno et le chef des armées s'étaient rendus récemment. Rappelons que cette ville accueille plus de 75 000 déplacés internes du conflit qui déchire le Nord Est du Nigeria depuis plus d'une décennie.

Ce nouvel assaut d'hier soir contre la ville de Dikwa est le signe supplémentaire de la très grave dégradation de la situation sécuritaire dans le nord-est du Nigeria.

Plus de: RFI

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