Madagascar: Crise - Le MFM rêve d'un nouveau GVTD

Comme solution à la tension politique actuelle, le parti MFM sort des placards le GVTD. Un gouvernement ayant les pleins pouvoirs qui reléguerait le Président à un rôle de figuration.

Un gouvernement de plein pouvoir. C'est ce que revendique le parti «Mitolona ho an'ny fampandrosoana an'i Madagasikara » (MFM). Une formule que cette formation politique avance comme étant la solution à la situation politique tendue, actuelle.

Pour remédier au bras de fer entre le pouvoir et l'opposition donc, le MFM ressort des archives une solution appliquée durant la crise politique de 1991. Connu sous le sigle GVTD, le concept avancé hier, durant une conférence de presse, à Antaninarenina, peut être traduit librement par « Nouveau gouvernement pour l'État de droit et la démocratie ». Une nouvelle équipe gouvernementale donc, où le Premier ministre aura les pleins pouvoirs.

« Ce n'est pas nouveau. Ça s'est déjà fait au temps de feu Guy Willy Razanamasy », martèle Olivier Rakotovazaha, chef de file du MFM. Feu l'ancien Premier ministre Razanamasy était à la tête d'un GVTD, en 1991. Une issue voulue consensuelle à la crise de l'époque. Ayant eu les pleins pouvoirs, le chef du gouvernement avait alors, relégué à un rôle quasi-symbolique Didier Ratsiraka, président de la République, de l'époque. « Récemment, ça a été le cas avec le gouvernement Ntsay, en 2018 », ajoute l'ancien sénateur.

En 2018, toutefois, il a été question de gouvernement de consensus. Les principaux belligérants de la crise politique de 2018, à savoir le « Hery vaovao ho an'i Mada- gasikara » (HVM), le « Isika rehetra miaraka amin'i Andry Rajoelina » (MAPAR), et le « Tiako i Madagasikara » (TIM), se sont alors partagés le gâteau au sein de l'Exécutif. Dans les faits, par ailleurs, Christian Ntsay, n'avait pas entièrement les pleins pouvoirs étant donné que les décisions majeures étaient toujours prises en conseil des ministres.

Réplique

Quoi qu'il en soit, durant une conversation téléphonique, hier, Olivier Rakotovazaha a laissé entendre que dans le GVTD 2.0, le président de la République n'aura qu'un rôle de figuration, tout comme en 1991. Pour concrétiser sa proposition, le MFM recommande « le dialogue », entre les forces vives de la nation. Une manière aussi, de contourner les dispositions constitutionnelles, à s'en tenir aux propos de l'ancien sénateur.

À son article 54, la loi fondamentale dispose que « le président de la République nomme le Premier ministre, présenté par le parti ou le groupe de parti majoritaire à l'Assemblée nationale ». À peine le MFM a fait sa déclaration que des hauts parleurs de la majorité à la Chambre basse, se sont insurgés contre l'idée d'un GVTD. Les tenants du pouvoir ne sont pas non plus enclins à dérouler le tapis à la proposition du parti « Mitolona ho an'ny fampandrosoana an'i Madagasikara ».

Cash comme à son habitude, Lalatiana Rakotondrazafy, porte-parole du gouvernement, assène, « ce n'est ni plus ni moins qu'un coup d'État que n'importe quel citoyen responsable devrait condamner avec véhémence. (... ) le président Rajoelina a été démocratiquement élu, donc ayant le pouvoir légal et légitime pour diriger le pays durant son mandat ». Elle ajoute que « si les politiciens de l'opposition veulent le pouvoir, qu'ils se préparent dès maintenant pour l'alternance démocratique garantie par les élections qui auront lieu dans deux ans et demi ».

Pety Rakotoniaina, responsable des affaires internes du MFM, soutient que le processus électoral serait biaisé. Que ce serait une raison d'être du GVTD, tout en martelant une conjoncture crisogène. « (... ) rien ne peut justifier la mise en place d'un gouvernement autre que celui formé par le président de la République », réplique la ministre de la Communi- cation. De son point de vue, la stratégie de l'opposition est de créer des troubles « pour faire croire que le pays est en crise ».

Montant au filet, la porte-parole du gouvernement défend, « l'opinion publique n'est pas dupe, il n'y a pas de crise, le Président et le gouvernement travaillent normalement. Il y a juste des politiciens en mal de popularité qui veulent faire un coup d'État pour arriver au pouvoir sans passer par les épreuves des urnes ».

Plus de: L'Express de Madagascar

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