Sénégal: Baptême en période de Covid-19 - Des célébrations sans tambour ni trompette

L'épidémie de Covid-19 continue de dicter sa loi. Elle a bouleversé les habitudes. La naissance d'un enfant, occasion de réjouissances et de communion, n'est plus célébrée en grande pompe par beaucoup de Sénégalais.

Le quartier de la Médina ne vibre plus au rythme des cérémonies familiales. Elles sont célébrées désormais en catimini, avec moins de fastes, loin des regards indiscrets dans plusieurs quartiers. L'interdiction de rassemblement pour enrayer la propagation de la Covid-19 a modéré les ardeurs. Mais certains ont su s'adapter face à cette nouvelle donne. Assise devant sa maison, Absa Diop tient une petite gargote à la rue 15×12.

La quinquagénaire est à l'affut des clientes en cette matinée. Le masque bien ajusté, la dame de teint clair a limité ses déplacements. Néanmoins, cela ne l'empêche pas de festoyer en compagnie de sa famille. Pour preuve, elle a fêté la semaine dernière la naissance de son premier petit-fils. « Nous avons célébré le baptême de mon petit-fils dans la maison familiale », dit-elle, apparemment ravie. La vendeuse affirme que la fête s'est faite dans la sobriété. « Nous n'avons pas convié beaucoup d'invités. Il y avait juste la famille et les amis proches. Le baptême n'a duré qu'une demi-journée », explique-t-elle, assurant que la distanciation physique a été respectée par ses hôtes !

Serigne Djibril Diop habite à quelques encablures de la gargote d'Absa Diop. Conférencier, il se rend à des cérémonies comme des baptêmes même si, en ces temps, ce n'est pas toujours de gaieté de cœur. « Les gens ne respectent aucune distanciation physique », soutient-il. Il dit s'être rendu au baptême d'un de ses amis samedi dernier. Arrivé sur place, il a déploré le non-respect des mesures barrières. « Le port du masque n'était pas respecté par tout le monde », se désole Serigne Djibril. Il se dit outré par la désinvolture de certains à l'occasion des cérémonies. Néanmoins, il affirme prendre ses précautions afin d'éviter la propagation du virus.

La trentaine révolue, Seydou Tall vend des tissus. Le jeune homme a baptisé le mois dernier son troisième enfant. Ce père de famille a décidé de faire le strict minimum en cette période de crise sanitaire. « Il y avait juste nos familles respectives », a confié le commerçant. Avec l'interdiction des rassemblements, il a pris les devants. « Nous avions même prévu des gels et des masques pour les invités ». Une façon de marquer l'instant, malgré l'épidémie qui a bouleversé les habitudes et poussé certains à renoncer à ces instants de communion.

« J'avais tellement d'appréhensions au moment de célébrer le baptême de mon fils. J'ai insisté pour que l'imam qui tenait le bébé porte le masque pour ne pas l'exposer. Mon épouse et ma mère étaient un peu gênées, mais j'ai obligé tous les invités, même s'ils étaient peu nombreux, à respecter les gestes barrières. S'il ne tenait qu'à moi, cette fête n'aurait jamais eu lieu dans ce contexte », confie Ismaïla Sy, heureux de s'en être sorti sans grands dommages.

Plus de: Le Soleil

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