Madagascar: Ambassade de Madagascar à Paris - Marc Randrianisa recherché par les autorités

Un activiste à la réputation sulfureuse, reconnu au sein de la diaspora malgache est recherché par les autorités. On lui reproche d'avoir proféré des menaces contre le président de la République et sa famille.

Dans une vidéo qu'il a postée sur les réseaux sociaux, Marc Randrianisa appelle à « proposer un acte isolé de très haut niveau » alors qu'il est devant une résidence privée sur une zone transfrontalière franco-suisse. L'endroit n'a pas été choisi par hasard par cet activiste à la réputation sulfureuse. C'est dans cette demeure présentée par Marc Randrianisa que la famille présidentielle se logeait habituellement à son passage en Europe. Il a lui-même fait le déplacement sur les lieux et a tenté « de sonner » vainement à la porte de la résidence.

Ligne rouge. L'acte de Marc Randrianisa a alerté les tenants du pouvoir. On lui reproche d' « avoir proféré des menaces contre le président de la République et sa famille ». Et les autorités ne comptent pas minimiser les faits et saisissent la justice afin de poursuivre cet opposant du régime qui a, selon les partisans du régime, franchi la ligne rouge. Un avis de recherche est donc lancé contre Marc Randrianisa. L'ambassade malgache à Paris fait « appel à toutes personnes résidentes en France ou en Europe ayant des informations le concernant ».

Selon toujours l'ambassade, « il est recherché par les autorités malgaches et françaises pour avoir proféré des menaces et lancé un appel au lynchage public à l'endroit du Président de la République de Madagascar et sa famille ». Les autorités veulent le traquer et le traduire en justice car « son action est condamnable au regard du code pénal malgache et celui français. Cette incitation à la haine et au meurtre est passible d'une peine judiciaire stricte et sévère pouvant mener jusqu'à l'emprisonnement », lit-on sur l'avis de recherche affiché sur la page facebook de l'ambassade à Paris.

Effraction. Marc Randrianisa n'est pas à sa première affaire quand on évoque une menace. Son passif démontre à quel point cet opposant a une dent contre le couple présidentiel, et sa détermination semble toujours intacte. En septembre 2009, à quelques mois du triomphe de Andry Rajoelina, il faisait partie d'un groupe de personnes entrées en effraction dans les locaux de l'ambassade malgache à Paris, en marge d'une manifestation contre le régime transitoire en place. Ce groupe, dont faisait partie Marc Randrianisa, qui a fait l'objet d'une plainte, et puis interpellé par la police française, a « escaladé les grilles de l'ambassade, cassé la porte d'entrée après avoir agressé physiquement deux gardes de l'ambassade».

Dynamites. En mai 2011, il a déjà été impliqué dans un « projet d'attentat contre Andry Rajoelina », alors président de la Transition à l'époque, mais déjoué par les hommes de la Direction de la surveillance du territoire. Dans le cadre de l'enquête, selon les propos des responsables de la direction de la surveillance du territoire à cette époque, 15 dynamites avec 4 détonateurs ont été découverts dans un local loué par Marc Randrianisa à Isoraka. Son chauffeur a été interpellé sur le champ mais l'activiste a pu passer entre les mailles du filet des enquêteurs en prenant la poudre d'escampette vers la France.

Tension. L'appel lancé par Marc Randrianisa coïncide avec la tension politique qui peine à baisser au pays. L'opposition maintient la pression sur le régime qui promet d'agir avec fermeté contre toute tentative de déstabilisation. Marc Ravalomanana, lors de sa dernière intervention télévisée, a déjà appelé ses partisans à rester mobilisés. Le mouvement « Miara-manonja », quant à lui, compte tenir une manifestation samedi prochain et ses leaders ont du mal à cacher leurs grandes ambitions. En France, la branche locale de l'opposition multiplie les interventions sur les réseaux sociaux pour vilipender le régime. Et Marc Randrianisa, lui, se déplace vers une résidence privée connue par le couple présidentiel pour fomenter « un acte isolé ».

Plus de: Midi Madagasikara

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