Congo-Kinshasa: Cénco - Les évêques catholiques relancent le débat électoral

L'urgence des réformes électorales et le respect des délais constitutionnels sont les deux piliers du message des pères de l'Eglise catholique de la RDC dans son volet électoral.

A la veille de l'ouverture de la session parlementaire de mars, les évêques catholiques réunis au sein de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco) ont relancé le débat électoral en exhortant le gouvernement et le Parlement à œuvrer dans le sens du respect des délais constitutionnels. Ils s'inscrivent clairement dans la logique de la tenue des élections en 2023 et « pas plus tard ».

Dans un message du comité permanent de la Cénco du lundi 1er mars, les évêques ont recommandé au gouvernement de prioriser les réformes électorales et de tout faire pour la tenue des élections en 2023. « Nous sommes convaincus que le bien-être du peuple congolais passera nécessairement par la consolidation de la démocratie. Ainsi, les réformes électorales et celles de la loi portant organisation et fonctionnement de la Céni en vue d'améliorer la gouvernance électorale devraient figurer parmi les priorités du prochain gouvernement », ont-ils relevé.

Le message de la Cénco a suscité plusieurs réactions au sein de la classe politique congolaise dont principalement celle de la présidence de la République à travers sa direction chargée de la communication. Elle a précisé, par ailleurs, que les réformes électorales font partie des chantiers prioritaires du chef de l'Etat et sont inscrites au programme de la prochaine session parlementaire.« L'immixtion de la Cénco dans ce qui ne relève pas de sa compétence est simplement ahurissante, voire provocante pour des pères spirituels mués, pour le besoin de la cause, en politiques engagés au détriment de leurs brebis livrées à eux-mêmes », a répliqué la direction de communication du chef de l'Etat. Cette dernière a estimé que la question de l'organisation des élections est du domaine exclusif de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Pour sa part, le président de la Céni, Corneille Nangaa, avait déclaré, le 1er mars, à l'ouverture des travaux de l'atelier de renforcement des capacités en logistique électorale, que l'installation de nouveaux mandataires de la Céni à temps permettra la prise en charge de la planification stratégique et opérationnelle des activités électorales. En cette matière, a-t-il dit, tout retard est préjudiciable notamment dans la préparation en amont de tout ce qui est acquisition du matériel électoral. « Un matériel ou équipement électoral acquis à temps permettra non seulement de respecter les procédures mais aussi de l'acquérir à un prix concurrentiel », a-t-il conclu.

La relance du débat sur les réformes électorales fait craindre une résurgence des violences politiques. Longtemps éludé à l'Assemblée nationale sous la présidence de Jeannine Mabunda, ce débat doit aboutir à la désignation des nouveaux animateurs de la Céni et doit permettre de clore définitivement la question de la validité du choix porté sur la personne de Ronsard Malonda Ngimbi pour présider aux destinées de la centrale électorale.

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