Afrique: Condamnation de l'ex-président français - Quelle leçon pour les dirigeants africains ?

analyse

La nouvelle est tombée comme un couperet dans l'après-midi du 1er mars 2021. L'ancien président français, Nicolas Sarkozy, a été condamné à trois ans de prison dont un ferme pour corruption et trafic d'influence.

Les faits remontent à 2014. L'ex-président avait tenté d'obtenir, dit-on, des informations confidentielles dans le cadre d'une procédure judiciaire le concernant. Il souhaitait ainsi obtenir l'annulation de la saisie de ses agendas présidentiels et ce, après avoir bénéficié d'un non-lieu dans l'affaire Bettencourt. Quant à son avocat qui a écopé de la même peine, il n'intervenait pas directement dans le dossier mais il a fait valoir ses relations.

En tout cas, pour un coup dur, c'en est un pour Nicolas Sarkozy qui, on le sait, affûtait déjà ses armes dans la perspective de la campagne présidentielle. D'aucuns le présentaient d'ailleurs comme un challenger de taille du président Emmanuel Macron qui ne fait pas aussi mystère de sa volonté de rebeloter en 2022.

Mais avec cette condamnation qui pèse désormais sur ses épaules, celui-là que l'on appelait l'hyper-président risque de faire le deuil de ses ambitions au grand bonheur de ses adversaires à moins qu'en appel, « Paul Bismuth », ainsi qu'il se surnommait lors des écoutes téléphoniques, ne bénéficie d'un non-lieu ou d'un acquittement. Et même là, il restera toujours dans le collimateur de la Justice pour d'autres faits qui l'accablent.

Bon ou mauvais, le passé de chacun, ici bas, le rattrapera

Cela dit, ce qui arrive aujourd'hui à l'ex-président français doit servir de leçon à bien des dirigeants africains qui, au faîte de leur gloire, se croient tout permis.

Se refusant de s'imaginer une autre vie en dehors du pouvoir, ils font la pluie et le beau temps. Tant et si bien que certains n'hésitent pas à emprisonner ou massacrer à tour de bras pendant que d'autres procèdent à un pillage en règle des ressources de leurs pays respectifs. En le faisant, pensent-ils qu'ils pourront un jour être rattrapés par leur passé comme c'est le cas de Nicolas Sarkozy ?

Assurément non, puisque conscients qu'ils traînent des casseroles et que leurs placards sont remplis... de cadavres, ils usent de stratagèmes pour s'accrocher au pouvoir à coups de tripatouillages de la loi fondamentale de leurs pays respectifs. C'est le cas, pour ne pas les nommer, de Paul Kagamé du Rwanda, Paul Biya du Cameroun, Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, Théodoro Obieng N'guema de la Guinée équatoriale et Idriss Deby du Tchad.

Le dernier cité vient d'ailleurs de s'illustrer de la pire des manières à travers l'attaque dirigée contre le domicile d'un de ses opposants, Yaya Dillo, qui a coûté la vie à la mère et au fils de ce dernier. En tout cas, une chose est certaine. Tous ceux des dirigeants qui, pour une raison ou pour une autre, arrivent à échapper à la Justice des Hommes, doivent savoir qu'ils n'échapperont pas à la Justice immanente. Donc, bon ou mauvais, le passé de chacun, ici bas, le rattrapera.

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