Madagascar: Listes de boursiers - Soupçon de magouille dans les universités publiques

Les étudiants boursiers posent problème dans les universités publiques. Leur liste laisse tramer beaucoup d'imperfections pour faire craindre des malversations.

Plusieurs anomalies ont été remarquées dans le montage des listes des boursiers. Une réunion au niveau du ministère responsable aurait soulevé cette question. En effet, selon une source concordante, l'effectif des boursiers dépasse largement, non seulement, le nombre des étudiants inscrits sur certaines listes fournies par les universités, mais aussi, la capacité d'accueil de l'université en question. Viennent en plus les doublons qui font gonfler davantage les chiffres.

Différence. Pour le cas de l'université de Fianarantsoa, 5 363 étudiants de différence entre les boursiers qui sont à 28 988, et les inscrits officiels à 23 625. À Toamasina, 933 personnes bénéficient de bourses d'études alors qu'elles ne sont pas inscrites sur le registre officiel. Même cas à l'Université d'Antsiranana, où 2413 étudiants ne sont pas enregistrés alors qu'ils reçoivent leurs allocations d'étude mensuelles. Beaucoup soupçonnent, à commencer par les étudiants, des magouilles qui s'organisent derrière ces chiffres.

Personnel administratif. Ces anomalies frappent également la gestion des effectifs du personnel administratif et technique. Selon une source au courant du dossier, le montant des salaires du personnel au niveau de certaines universités change d'une manière « inquiétante » presque tous les mois. Des agents peuvent apparaître en « fantôme » et perçoivent, semble-t-il, des salaires. Une situation qui devrait alarmer les organismes chargés de la répression des malversations financières. Sans parler, pour autant, de la gestion calamiteuse de l'espace habitable dans les campus, où les constructions sauvages poussent comme des champignons sans la moindre prise de mesures radicales des responsables afin de jeter les bases d'un paysage digne et esthétique.

Éminents. Et, ces faits semblent se passer au nez et à la barbe de ces éminents professeurs qui sont censés incarner l'excellence et l'intelligentsia malgache. La situation laisse croire que tout semble être en train de contempler le navire en train de couler. En tout cas, l'image des universités malgaches, qui bénéficient une autonomie financière et administrative, est déjà ternie par ces faits qui forment l'envers du décor et qui se dévoilent au grand jour. Même pour les crises les plus « classiques », notamment le retard du paiement des bourses qui ne datent pas d'hier, les responsables ne parviennent toujours pas à trouver la recette pour éviter la grève qui en découle.

Digitalisation. Pour essayer d'assainir le secteur des allocutions d'études, l'État a décidé de mettre la main à la pâte. Un projet de digitalisation des listes de boursiers et du personnel administratif et technique au niveau des universités est déjà en cours au niveau des universités. L'objectif étant de « faciliter le processus de paiement et le déblocage des bourses pour les étudiants et le salaire pour le personnel administratif et technique en adoptant les nouvelles technologies ». Les nouvelles cartes qui vont être ainsi à disposition des étudiants vont permettre de donner une traçabilité sur leur parcours universitaire, notamment, par exemple, la mobilité, le relevé des notes, la situation des bourses d'études.

Site pilote. Un recensement biométrique de tous les étudiants et du personnel administratif va être effectué afin de pouvoir faire sortir une « liste définitive et fiable ». L'opération a déjà débuté au niveau de l'Université d'Antananarivo qui va servir de site pilote pour ce nouveau projet, notamment pour le campus de Vontovorona et de la faculté de Médecine. Les autres universités devraient suivre et s'y préparer, selon une source au ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Le projet sera piloté par la présidence de la République par le biais du projet PRODIGY financé par la Banque Mondiale.

Plus de: Midi Madagasikara

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