Congo-Kinshasa: Présidence Sénat RDC - Trophée pour un chasseur de députés

analyse

C'est une élection qui a un petit air de revanche personnelle pour Modeste Bahati Lukwebo, devenu depuis hier mardi 2 mars 2021 le nouveau président du Sénat de la République démocratique du Congo avec 89 voix sur 108 sénateurs. En juillet 2019, en effet, il s'était porté candidat contre Alexis Thambwe, protégé de l'ancien président congolais Joseph Kabila et avait obtenu 43 suffrages.

Cette fois-ci, il n'y avait guère de suspense puisqu'il était le seul prétendant au poste qui lui a été offert par le président Félix Tshisekedi pour services rendus à la nation, ou plutôt à l'Union sacrée de la nation, la nouvelle coalition formée par Tshatshi.

C'est lui, en effet, qui avait été désigné Informateur, chasseur d'élus, chargé de former une nouvelle majorité parlementaire au prix d'un débauchage massif d'élus du Front commun pour le Congo, jusque-là ultra-majoritaire dans les deux chambres du Parlement.

Un travail mené de mains de maître, si on ose dire, qui a permis au locataire du palais de la Nation de renverser la situation en se débarrassant de son encombrant allié d'hier, Joseph Kabila, qui l'avait pourtant fait roi.

Avec l'élection de Modeste Bahati Lukwebo, le chef de l'Etat détient désormais tous les leviers du pouvoir.

Puisque avant la mise hors-circuit d'Alexis Thambwe, dernier acte de la dékabilisation au sommet de l'Etat, c'est la présidente de l'Assemblée nationale, Jeannine Mabunda Lioko, qui a été déchue du Perchoir et le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, défénestré de la primature après le vote d'une motion de censure contre lui.

Reste à savoir ce que le seul maître de la RDC fera de la liberté de mouvement et d'action dont il dispose désormais presque à mi-mandat, dans un pays miné par la corruption, l'insécurité endémique sur presque tout le territoire, la résurgence cyclique de l'épidémie d'Ebola, dont la RDC ne parvient toujours pas à se guérir, sans oublier les besoins vitaux des 80 millions de Congolais.

Après avoir perdu pratiquement deux ans, parviendra-t-il au cours du temps qui lui reste à imprimer véritablement sa marque à ce pays alors qu'il doit surtout récompenser à tire-larigot ces centaines et centaines d'opportunistes qui lui ont bricolé une majorité de façade ?

Au regard des circonstances dans lesquelles il est parvenu au pouvoir, on a peur que ce soit un mandat perdu.

Surtout que dès l'année prochaine, il n'aura d'autre choix que de travailler à sa réélection.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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