Afrique: Condamnation de Nicolas Sarkozy - Une petite larme m'a trahi

analyse

La justice française n'a pas peur de Dieu. Ils ont donc osé condamner l'ancien président français à trois ans de prison dont... un an ferme ! C'est à faire pleurer la Joconde. C'est historique, même si, rappelons-le, ce n'est pas la première fois qu'un retraité de la magistrature suprême française s'emmêle les pinceaux dans les ourlets des robes noires de magistrats et est même condamné. Rappelez-vous qu'en 2011, Jacques Chirac a été reconnu coupable de détournement et d'abus de confiance et condamné à deux ans de prison avec sursis. Pour le cas Sarkozy, il s'agit de corruption.

Ça montre l'évolution, pour ne pas dire la détérioration, des mœurs politiques au pays des droits de l'Homme. Et par ces temps qui courent, nul n'est au-dessus de la loi. Vous vous souvenez certainement de cette pique, en 2016, d'un François Fillon à son rival Sarkozy : « Qui imagine le Général de Gaulle mis en accusation ? » Oui, Sarko est dans de beaux draps. Certes, ce n'est pas demain qu'on le verra à la prison de la Santé. Quand bien même après les différents recours (ses avocats ont interjeté appel) il serait condamné, il y aura très probablement des amendements qui lui permettront par exemple d'aller et de venir mais en portant cet infâmant bracelet électronique qui rend compte à l'autorité judiciaire de tous ses déplacements.

Règlement de comptes ou pas, il est loisible de constater que plutôt qu'à des hommes forts, nous avons ici affaire à des institutions fortes et chacun répond de ses turpitudes, qu'il soit puissant ou misérable. Ce n'est pas demain qu'on verra ce genre de peine en Afrique, si ce n'est pas le cas notable du Burkina dont tous les présidents sont passés sous les fourches caudines de la justice, en dehors d'un Thomas Sankara qui a été tué entre-temps.

D'aucuns trouveraient que c'est bien fait pour la g... de Sarkozy. C'est vrai : l'avocat d'affaires passé à l'Elysée avait beaucoup pour déplaire, surtout en raison de son intervention en Libye, de son côté intrigant, disruptif et cassant. Ne dira pas le contraire cet administrateur qatari d'Accor qui a osé lui porter la contradiction et qui s'est entendu dire ceci : « T'es qui toi ? Je vais en parler à l'émir. C'est mon ami ». Mais, je dis bien mais, j'ai malgré tout un petit pincement au cœur de voir un ancien président connaître pareilles tribulations. On n'encourage pas l'impunité, mais à l'intention de quelqu'un qui a assuré une aussi lourde charge à un moment donné de son parcours, je trouve légitime d'écraser une petite larme.

Plus de: L'Observateur Paalga

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