Sénégal: Gora Khouma, secrétaire général de l'Union des routiers du Sénégal - «Le secteur du transport est à genoux...»

8 milliards 410 millions de F Cfa, c'est la somme que l'Etat avait mobilisée, dans la cadre du Fonds «Force Covid-19» évalué à 1000 milliards de F Cfa, pour soutenir le secteur des transports terrestres fortement impacté par la pandémie à coronavirus et les mesures de restriction prises pour limiter sa propagation. Mais cette enveloppe dégagée en appui aux acteurs du secteur n'y fera rien. Un an après l'apparition du premier cas de coronavirus au Sénégal, le 2 mars 2019, le domaine des transports continue de souffrir économiquement de la Covid-19 qui ne cesse de gagner du terrain et de causer des dégâts considérables dans différents autres secteurs d'activités du pays.

A cause des restrictions liées à lutte contre la propagation du virus du Sars-Cov-2, notamment les couvre-feux, les interdictions de voyages interurbains (de mars à juin, lors du premier couvre-feu), de rassemblements, de manifestations et autres cérémonies, les déplacements ne se font plus comme avants. Ces mesures ayant entrainé la réduction des heures de travail du côté du transport passager comme celui des gros porteurs, rien ne circule comme avant. Et ce sont ces restrictions qui continuent d'accentuer la crise dans le secteur, souligne le syndicaliste Gora Khouma, secrétaire général de l'Union des routiers du Sénégal (URS). «Malheureusement, le transport ne marche plus bien. Si je parle du secteur du transport des passagers, il n'y a plus de cérémonies ; il n'y a plus de "gamous" ; il n'y a plus de funérailles ; il n'y a plus de sports. Tout ce qui mobilisait les populations, ça allait dans notre intérêt et il n'y a plus de mobilisation du côté des populations. Beaucoup de populations ont aussi respecté la consigne «restez chez vous» édictée par le ministère de la Santé ; beaucoup d'entre eux ne bougent plus. Donc nous sommes dans une situation de crise parce que c'est dû à cette maladie de Covid-19. Nous ne vivons pas comme il se doit. Donc, le transport est trop fatigué», déclare-t-il.

«... SEULE LA CIRCULATION A TOUTE HEURE PEUT REGLER NOTRE PROBLEME»

Interpellé pour faire une sorte de point sur un an de Covid-19 dans le secteur des transports terrestres, Gora Khouma relèvera que ce ne sont pas les aides accordées aux acteurs qui les soulageront. «Ce n'est pas un problème de subvention qui va réglerla question. L'Etat peut débloquer des milliards, nous sommes plus nombreux que des milliards. Donc, ce qui peut nous rendre service, c'est de circuler à toute heure. Seule la circulation en toute heure peut régler notre problème. Mais avec la 2ème vague (de Covid-19), il y a couvre-feu de Dakar à Thiès.

Les heures sont maintenant réduites ; on ne peut pas rester encore sur la route jusqu'à 21h et on ne peut pas se mettre sur la route avant 6h du matin. Donc, c'est une crise sanitaire, mais économique également. Le secteur transport souffre et les populations doivent le savoir, aussi bien du côté du transport de passagers comme du transport de marchandises. Et que si l'économie ne marche pas, la marchandise ne circule pas ; donc les gros porteurs ne pourrons pas travailler non plus.»

Pour le secrétaire général de l'URS, le mal est d'autant plus profond, surtout du côté des gros porteurs, que les frontières terrestres restent fermées. «Et c'est surtout avec la sous-région. Cette maladie a piétiné l'économie de la sous-région. Les relations ne sont plus comme avant, donc la marchandise ne circule plus et les gros porteurs sont à genoux. La Covid-19 a freiné donc l'activité de toutes les cérémonies, tout ce qui rassemblait la population et qui allait dans notre intérêt est mis à l'arrêt.

Pour vous dire donc que, aujourd'hui, on ne peut pas évaluer le manque à gagner, puisqu'il y a toujours la maladie. Mais, le jour où on fera l'évaluation, ça va dépasser même ce que nous avons pensé, puisque le transport actuellement est à genoux. Vraiment, nous souffrons et on n'a pas la possibilité de faire autre chose. On n'a que le transport passager et marchandise et que ça n'allait pas bien», témoigne Gora Khouma.

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