Ile Maurice: Patrick Belcourt - «Tout ce que les gens ont connu, c'est une compétition de scandales... »

interview

Vous avez lancé En Avant Moris ! Est-ce un parti politique ou un mouvement citoyen ?

Je comprends votre question mais je souhaiterais que l'on mette un terme à cette forme de classification, qui me paraît limitative. C'est comme si les mouvements citoyens devraient intervenir seulement dans le champ social et s'abstenir de toute autre forme de représentation politique. Pourtant, la Constitution ne condamne pas le citoyen à n'être qu'un électeur. Alors, pourquoi voudrait-on réduire le rôle du citoyen ? C'est parce que les partis souhaitent que les citoyens s'engagent mais pas au point de leur faire de la concurrence. Et quand j'ai fini de vous expliquer cela, je peux vous dire que nous sommes effectivement un mouvement citoyen, avec des citoyens bien déterminés à formuler nous-mêmes la politique de développement de notre ville.

Il semblerait que vos activités ne concernent que Beau-Bassin/Rose-Hill. Est-ce vrai ?

J'ai lancé un appel pour une mobilisation citoyenne autour d'une vision de développement de Beau-Bassin/Rose-Hill. Bien entendu, les habitants des villes-sœurs répondent toujours à cet appel. Cependant, je vois bien que mon appel est entendu au-delà de Beau-Bassin/Rose-Hill et il nous faudra voir s'il y a une volonté similaire, qui se manifeste dans d'autres régions du pays. Tout va dépendre de la manière dont les gens montrent leur détermination à s'organiser. À Beau-Bassin/Rose-Hill, cette détermination est là. Nous sommes en train de structurer cette volonté, qui monte de tous les quartiers.

Que représente votre parti sur l'échiquier politique ?

Je vois que notre mouvement interpelle. Cela réjouit les habitants, peut-être parce que nous ne sommes pas un parti justement. En même temps, cela agace les grosses formations que nous puissions impliquer les gens dans notre vision politique d'une ville. Tout ce que les gens ont connu jusqu'ici, c'est une compétition de scandales entre les partis et cela nous fait passer à côté des enjeux du développement. Or nous, on représente une autre manière de faire. On représente la volonté de développer notre ville sur les plans économique, social, culturel et écologique.

Rama Valayden vous a parlé. Êtes-vous prêt à faire alliance avec un parti non traditionnel pour créer une troisième force ?

J'entends parler de troisième force, mais ça ne peut exister que dans la tête de ceux qui calculent comme cet avocat-député devenu célèbre par la manière dont il calculait le prix du pain ou encore ce comptable qui explique le prix d'une route avec un aller-retour par un «slip of the tongue». Soyons sérieux ! Ce n'est pas parce que nous avons un gouvernement et une opposition parlementaire que cela fait deux forces. Tout le monde sait que ces gens-là se passent et se repassent le pouvoir, qu'ils s'adonnent à des koz-kozé et préservent un système qui fait leur force. Donc, c'est plutôt d'une deuxième force qu'il faudrait au pays. Rama Valayden et moi, nous nous sommes entretenus. Il m'a aussi invité et m'a donné la parole lors d'une réunion qu'il avait organisée au no 19. J'ai parlé de notre initiative En Avant Moris. Voyons les choses telles qu'elles sont plutôt que de spéculer. Rama Valayden dit réfléchir à un éventuel engagement en politique et n'en a pas encore défini la forme. Son engagement professionnel fait qu'il se retrouve avec un lot de cadavres sur les bras, donc je n'ai aucun problème à lui manifester mon soutien. Pour ma part, je suis occupé à mobiliser les gens de Beau-Bassin et de Rose-Hill pour que nous reprenions notre ville en main. Vous voyez bien que nous avons chacun notre agenda. En outre, de quelle alliance peut-il s'agir quand ni lui ni moi ne disposons de structures de parti ?

Quelle est votre analyse de la situation politique actuelle ?

J'entends les gens qui scandent BLD ou BZD. Je vois des gens qui voudraient voir des politiciens de tous bords en prison. C'est plutôt affligeant pour les grosses formations politiques, mais ceci résume bien la situation politique actuelle.

Plus de: L'Express

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