Sénégal: Manifestations contre l'arrestation de Sonko - Un jeune tué par balle, une dizaine de blessés, Bignona à feu et à sang

Bignona a basculé dans la violence hier, jeudi, après la mort d'un jeune par balle. Pneus brulés, station Essence saccagée, affrontement entre forces de l'ordre et manifestants, la capitale du Fogny a tangué dans une tension qui a dégénéré. Une dizaine de blessés dont deux grièvement évacués à l'hôpital de Ziguinchor complètent le lourd bilan de ces manifestations de jeudi à Bignona Les manifestants qui scandaient des slogans du genre « libérez Sonko » accusent les militaires d'avoir tué le jeune Cheikh Ibrahim Coly . Le corps sans vie déposé à la morgue de l'hôpital de Bignona attend l'autopsie Retour sur une journée mouvementée.

Un jeune tué par balle, une dizaine de blessés, des dégâts ; c'est le bilan des manifestations à Bignona hier, jeudi. Un jeudi noir, une journée ville morte, la ville a basculé dans la violence. Pneus brulés partout le long des axes routiers, la station essence TOTAL a été également la cible des manifestants qui l'ont saccagée. Mais c'est surtout la mort du jeune Cheikh Ibrahim Coly tué par balle qui a exacerbé la colère des manifestants qui indexent l'armée d'être à l'origine de cette mort.

Pour Massiré Coly, le père de la victime , son fils a été tué par un tir à bout portant : " c'est vers midi qu'on m'a appelé pour me dire que mon fils a été blessé lors des manifestations, c'est alors que je me suis rendu à la caserne des sapeurs-pompiers qui m'ont fait savoir que le jeune a été évacué au district sanitaire de Bignona. Sur place, je découvre l'irréparable : mon fils est mort, il a reçu une balle au thorax», confie le père du jeune. Un papa sous le choc et une famille dans la consternation qui attendaient encore de récupérer le corps de Cheikh Coly encore à la morgue de l'hôpital de Bignona en attendant l'autopsie.

Tous les témoignages recueillis sur place corroborent la thèse d'un tir à bout portant venant d'un militaire. Et un manifestant témoin des faits va même jusqu'à parler d'une identification du présumé tireur de la balle : « j'ai vu le militaire et si son les aligne, je l'identifie sans difficulté, il est de petite taille je l'ai bien vu», nous confie le jeune manifestant très en colère. Entre les forces de l'ordre et les jeunes, la tension était vive et par moment, les éléments de la gendarmerie répliquaient avec des pierres comme les manifestants.

L'odeur suffocante des pneus calcinés avait fini d'envahir la ville couverte par des nuages de fumée qui renseignaient sur la violence imprimée. Tous les secteurs étaient paralysés. De l'éducation à l'économie, rien n'a bougé à Bignona ce jeudi. L'arrestation du leader du Pastef Ousmane Sonko a fait tanguer Bignona dans la violence au grand dam de ses populations partagées entre inquiétude, résistance et peur.

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