Tunisie: 2.111 personnes licenciées dans le secteur privé en 2020 - Le marché de l'emploi en berne

Le nombre d'employés licenciés par les entreprises sinistrées par la Covid-19 a été important au cours de l'année dernière puisque 2.111 personnes ont perdu leur emploi. Malgré les mesures décidées par l'Etat pour sauver les entreprises frappées par la crise conjoncturelle, le résultat obtenu est catastrophique.

Le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, a révélé, mardi 2 mars 2021, que le taux de travailleurs qui ont perdu leur emploi ou ont dû réduire leurs heures de travail s'était multiplié par huit entre 2019 et 2020, en conséquence de la crise de la Covid-19. Ainsi, la pandémie aurait causé beaucoup de dégâts sur le marché de l'emploi dans le secteur privé. En effet, certaines entreprises de petite et de moyenne taille ont vu leur chiffre d'affaires se réduire sensiblement suite à la propagation du coronavirus. Si certaines d'entre elles ont maintenu leur activité à un rythme faible, en diminuant les heures de travail, d'autres ont tout simplement fermé boutique en attentant l'amélioration de la situation. D'autres encore ont jugé bon de changer de vocation en s'orientant vers de nouveaux segments plus rentables.

Parmi les secteurs sinistrés, on peut citer ceux qui relèvent de l'industrie mais aussi ceux qui font partie du transport et du tourisme. Confinement général oblige, pratiqué par plusieurs pays du monde, le trafic aérien, maritime et terrestre a connu une stagnation ne permettant plus aux navires ni aux avions de se déplacer de par le monde. Ainsi, les agences de voyages, les établissements hôteliers et les restaurants touristiques ont eu un coup de massue grave qui s'est répercuté négativement sur le chiffre d'affaires. Cela a obligé plusieurs professionnels appartenant à ces secteurs de baisser le rideau et de mettre à la rue leurs employés.

Des licenciements qui se multiplient

En date du 28 février 2021, 4.390 personnes ont été touchées par le chômage technique, 16.194 ont vu leurs heures de travail réduites, 2.111 ont été licenciées alors que 2.544 ont été mises à la retraite anticipée, a indiqué Mohamed Trabelsi dans une intervention sur la chaîne «Attessia». En outre et face à la récession de la demande aussi bien au niveau du marché intérieur que du marché extérieur, plusieurs unités opérant dans le secteur des industries alimentaires ont vu leur activité battre de l'aile. Elles ont été contraintes à réduire leur activité en allégeant leur effectif. C'est dire que la pandémie n'a épargné aucun secteur et presque toutes les entreprises ont été touchées à des degrés différents. Plusieurs entreprises ont appliqué également le travail par roulement, ce qui a permis de diviser l'effectif en deux groupes, et ce, pour respecter la distanciation et réduire le risque de contamination par le coronavirus.

A noter que le nombre de personnes licenciées incluait les licenciements abusifs et conventionnels. Le ministre des Affaires sociales a souligné que pour l'ensemble de ces cas susmentionnés, le taux a augmenté de 783,72% en une année. Ces statistiques concernent les travailleurs du secteur privé. Alors que l'Etat vise à travers ses programmes d'emploi à réduire le nombre de chômeurs, les statistiques ont démenti cette réalité. Le marché du travail explose par l'injection de nouveaux chômeurs sortis tout droit des unités de production et de services touché par la crise conjoncturelle due à la pandémie qui s'est propagée en deux vagues avec la menace d'une troisième si des mesures de protection ne sont pas prises à temps. Certes, les chiffres des personnes contaminées sont quelque peu rassurants mais les précautions sont toujours nécessaires et les gestes barrières doivent toujours être maintenus.

La reprise au pas du jour

La réflexion est orientée actuellement sur la manière de sauver les entreprises qui souffrent de problèmes conjoncturels dus aux effets de la pandémie. Une plate-forme a été mise à la disposition des entreprises sinistrées au cours de la première vague et a été réactivée durant la deuxième vague. Certes, certaines entreprises déclarent n'avoir pas bénéficié des avantages décidés en leur faveur, mais cette plateforme demeure nécessaire pour connaître le nombre approximatif des entreprises concernées. L'une des conditions imposées pour pouvoir bénéficier des avantages est la préservation des emplois. En effet, toute entreprise qui veut tirer profit des décisions prises en faveur des sociétés est de ne pas licencier ses employés. Mais, dans la réalité, il s'est avéré que certaines entreprises sont obligées, malgré elles, de se débarrasser d'un certain nombre d'employés.

En tout cas, le résultat actuel du nombre d'employés licenciés est catastrophique. C'est que plusieurs entreprises n'ont pas pu préserver ces emplois, faute de ressources financières disponibles. Pourtant, l'une des décisions prises par les pouvoirs publics consistent à reporter les échéances de remboursement des crédits à une date ultérieure. Ce report a été consenti à deux reprises. Il a été décidé, de même, de reporter la régularisation des impôts arrivés à échéance pour permettre à ces entreprises de souffler en allégeant, un tant soit peu, leurs charges. Malgré ces avantages, plusieurs entreprises n'ont pas pu résister à la crise et ont été obligés de licencier leurs employés.

Quoi qu'il en soit, l'objectif consiste actuellement à sauver ce qui reste des entreprises et éviter la fermeture. Même avec un effectif allégé, ces entreprises pourraient continuer leur activité et évoluer, d'une façon progressive, afin d'atteindre le rythme normal de la production. Un travail de fond devrait être mené pour renouer les relations avec les marchés traditionnels et en prospecter de nouveaux afin d'améliorer le chiffre d'affaires à l'export. Les avantages accordés par l'Etat devraient, en effet, avoir leurs effets et se traduire par des résultats tangibles en termes de productivité et d'accroissement du volume des exportations.

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