Congo-Brazzaville: Lire ou relire - « Comment organiser des élections libres et transparentes en Afrique » de Michel Emile Mankessi

Cet essai publié aux éditions L'Harmattan et préfacé par le Pr Claver Boundja explore les moyens pacifistes d'accession à un vrai consensus politique dans la gouvernance des Etats africains.

La démocratie à l'Occidentale plaquée dans les Etats africains sous l'influence de la communauté internationale semble ne pas permettre à ces nations de connaître une paix durable, de fortes institutions et une gouvernance favorable à l'épanouissement des populations.

En Afrique, c'est à peine six pays sur cinquante-quatre qui essaient d'asseoir une éthique proche de la vraie démocratie. « L'Afrique offre le visage le plus contrasté, avec des points sombres marquant les régimes les plus autoritaires de la planète. Aucun pays n'y est considéré comme une démocratie au même titre que l'Australie, le Canada et les pays scandinaves », affirme le philosophe Michel Emile Mankessi.

Dès lors, comment l'Afrique peut-elle bâtir des institutions fiables et relever les nouveaux défis éducatif, économique, éthique, politique, géostratégique... auxquels elle est confrontée ? s'interroge l'auteur. Pour esquisser une réponse à cette question vitale, il oriente sa réflexion en trois grandes parties.

Dans la première partie qui traite du sens et des enjeux des élections, le lecteur y découvre l'organisation des votes à travers l'histoire, dans les sociétés médiévales et modernes. La leçon à tirer est que « le vote n'est pas une panacée » pour l'établissement d'une vraie démocratie.

Dans la deuxième partie, l'auteur présente les « préalables nécessaires pour l'organisation des suffrages ». Il en relève principalement quatre. Une société civile suffisamment instruite sur les enjeux démocratiques et bien organisée. La stabilité politique. La liberté de choix. Et des conditions garanties d'expression de la volonté générale pour sauvegarder l'intérêt commun qui unit le peuple.

A côté de ces préalables, Emile Mankessi préconise de revisiter les méthodes électives des Anciens en Afrique, notamment dans l'empire du Fouta Djalon, de Mossi et du Mali où la bonne gestion des ressources, le respect de la dignité de l'être humain et la justice sociale étaient garanties plus que dans les royaumes européens.

La troisième partie du livre, « Eduquer dans un monde en crise », analyse les procédés de promotion de la culture démocratique en Afrique. L'accent est mis sur la citoyenneté comme valeur. Ce qui dans la culture bantoue est appelé « bumuntu » ou « bomoto », ou encore « kimuntu », c'est-à-dire un savoir-être « qui englobe les notions de justice, de solidarité, de respect, de dignité, de compassion, d'humanité. Cette notion est au fondement de la jurisprudence africaine traditionnelle », déclare Claver Boundja dans sa préface.

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