Congo-Brazzaville: Fermeture d'une radio à Gemena - Olpa interpelle le Csac

L'Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (Olpa) exhorte les animateurs du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (Csac) à s'impliquer activement en vue d'obtenir la reprise inconditionnelle des émissions de la Radio Liberté Gemena (Ralig), station privée émettant à Gemena, dans la province du sud-Ubangi.

L'ONG de promotion et de la défense de la liberté d'information a ainsi interpellé l'instance publique de régulation des médias, dans une lettre du 5 mars 2021 adressée à son bureau avec copies au Premier ministre, au vice-Premier ministre, au ministre de l'Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières ainsi qu'au gouverneur de la province du sud-Ubangi.

Dans cette correspondance signée par son secrétaire exécutif Kabongo Mbuyi Alain, l'Olpa a dit solliciter l'intervention personnelle et urgente des membres du bureau du Csac, en tant que responsable de l'institution publique de régulation des médias, en vue d'obtenir l'annulation pure et simple de la décision du ministre provincial chargé de la Communication et Médias de la province du Sud-Ubangi, Jobe Lungu Homelema, suspendant à titre conservatoire la Ralig

Cette organisation rappelle, en effet, que dans son arrêté n°220/CAB/0010/MINPRO/EDUC/JSL/INC/COM-MED/C&A/LHJ/S-UB/2021 du 1er mars 2021, le ministre provincial Jobe Lungu Homelema a suspendu à titre conservatoire, d'émission et de diffusion la Ralig, sur toute l'étendue de la province du sud-Ubangi avec effet immédiat. L'olpa fait savoir que cette mesure est consécutive à la diffusion des émissions intitulées « À vous la parole » et « Cri des opprimés », sur les antennes de ce média qui, selon le ministre, les animateurs et leurs invités se seraient livrés sans retenue aux injures et à des imputations dommageables à l'endroit des particuliers, des institutions et des autorités légalement établies frisant ainsi la démagogie et la désinformation à dessein de nuire.

L'ONG indique également que le chef de division provinciale de la Communication et des Médias, Alphonse Wasso, qui s'est chargé de notifier cet arrêté par voie d'huissier de la Cour d'appel du sud-Ubangi, le 2 mars, a intimé l'ordre au directeur de la station de « cesser immédiatement toute diffusion et d'attendre l'issue des enquêtes ». Et d'ajouter que le non-respect de cette décision amènera la Division provinciale à prendre d'autres sanctions sévères. L'Olpa regrette, par ailleurs, qu'aucune suite n'ait été réservée au recours gracieux du directeur de la Ralig, Junior Ambeke Likela, introduit en date du 4 mars.

La décision énerve les dispositions légales

Se référant à ces faits, cette organisation pense qu' il y a lieu de considérer que la décision du ministre provincial de la Communication et des Médias du sud-Ubangi est entachée de plusieurs irrégularités et énerve non seulement les dispositions de l'article 212 de la Constitution, mais aussi de la loi organique du 10 janvier 2011 portant composition, attribution et fonctionnement du Csac, qui reconnaissent son bureau, le seul pouvoir de prendre des mesures conservatoires à l'encontre des médias.

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