Sénégal: Abdoulaye Ndoye, secrétaire général du Ccusems sur les arrestations d'enseignants - « C'est un précédent dangereux »

L'étude diagnostique sur « la problématique de l'accès à l'éducation des groupes vulnérables et marginalisés dans les zones à faible taux de scolarisation au Sénégal »

« Je voudrais dénoncer cette série d'arrestations de citoyens sénégalais et d'enseignants qui n'honorent pas notre pays. Je dois rappeler que l'article 8 de la Constitution dit que tout citoyen a le droit d'exprimer son opinion par la parole, par la plume ou par l'image. Notre organisation syndicale, le Cusems, s'est toujours battue pour le respect des libertés démocratiques, collectives et individuelles.

En 2012, nous nous sommes battus pour qu'on ne touche pas à la Constitution parce qu'encore une fois, le droit syndical a été acquis auprès des luttes âpres. En France, c'est en 1884 qu'on a officiellement légalisé le droit syndical. Aujourd'hui, au Sénégal, le droit syndical est inscrit dans la Constitution. C'est un principe constitutionnel.

Par conséquent, le combat que nous menons, c'est un combat de droit. Sans Etat de droit, aucune liberté ne peut s'épanouir, ne peut s'exprimer. Nous avions dénoncé respectivement les arrestations de Mr Samba Tall, professeur au lycée Bamba Diaw, l'arrestation de Boubacar Sèye, Président d'Horizon Sans Frontières. Mais l'arrestation qui a choqué le monde enseignant, c'est surtout l'arrestation de notre collègue Mr Jean Ousmane Biagui, professeur de philosophie au lycée de Kabrousse qui a été arrêté dans l'enceinte de l'établissement dans sa classe sans tenir en compte des franchises scolaires alors que l'école est un sanctuaire et cela risque de traumatiser les élèves notamment les enfants. Nous avons également enregistré l'arrestation de notre camarade Laminé Badji, professeur d'espagnol au lycée de Bonan (avant-hier).

On s'est parlé au téléphone depuis la maison d'arrêt de correction de Ziguinchor. Pour nous, c'est inadmissible, parce que la place de l'enseignant n'est pas en prison, c'est dans les salles de classe. Hier, (avant-hier)) également le proviseur du lycée Maciré Ba, Sadibou Camara et des collègues enseignants ont été arrêtés et avec les collègues de Kédougou, notre responsable Bidiar. Nous avons obtenu leur libération vers 22h 50. Nous avons également appris l'arrestation d'un professeur d'économie familiale du lycée Cheikh Ahmadou Bamba de Diourbel. Il a été arrêté à Kaffrine.

Et pour nous, c'est un précédent dangereux, l'école est une institution et c'est pourquoi nous exigeons sans délai la libération immédiate de tous les citoyens y compris les enseignants parce que les arrestations ne font qu'augmenter les tensions sociales et aujourd'hui le peuple n'a pas besoin de tensions sociales.

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