Congo-Brazzaville: Le président Sassou-Nguesso lance sa campagne en prônant la paix et la relance économique

La campagne électorale pour la présidentielle du 21 mars au Congo-Brazzaville a débuté vendredi 5 mars. À 77 ans, dont 36 cumulés à la tête du pays, le président sortant Denis Sassou-Nguesso brigue un quatrième mandat. Il sera face à six adversaires. Vendredi, il a lancé sa campagne à Pointe-Noire (sud), une ville frondeuse. Le président sortant a délivré ses messages de campagne : « la paix, le redressement et la diversification de l'économie ».

Avec notre correspondant à Pointe-Noire, Loïcia Martial

La place du rond-point Lumumba est aux couleurs du Parti congolais du travail (PCT, le parti au pouvoir). L'effigie du président est partout : sur les t-shirts, les casquettes, les pagnes, les panneaux lumineux et sur les écrans géants. Surnommé l' « Artisan de la paix », Denis Sassou Nguesso a appelé à la préservation de celle-ci.

« Nous ne pouvons rien, absolument rien réaliser sans la paix dans le pays. Alors, nous nous engageons tous à maintenir la paix, toujours la paix dans le pays », a-t-il martelé.

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Le président porte un « vaste programme de développement de l'agriculture »

Le Congo et ses cinq millions d'habitants vivent une crise économique renforcée par la pandémie de Covid-19. En cas de victoire, le président-candidat promet de relancer cette économie et de changer l'image d'un pays qui importe des denrées alimentaires pour un montant pouvant aller jusqu'à 700 milliards de francs CFA par an.

« Nous allons tous nous engager pour le redressement économique du pays. Alors, au cours du prochain mandat, si votre champion est élu, votre candidat propose au pays un vaste programme de développement de l'agriculture au sens large », a-t-il promis.

Ce samedi 6 mars, il est attendu à Loango, près de Pointe-Noire. Et dimanche, il sera à Dolisie, la troisième ville du Congo-Brazzaville.

Une publication partagée par Denis Sassou N'Guesso (@sassoucg)

RSF demande la libération du journaliste Raymond Malonga

En parallèle au début de cette campagne électorale, l'organisation Reporters sans frontières (RSF), elle, appelle à la libération du journaliste Raymond Malonga. Le directeur de publication de Sel-Piment, un journal satirique, a été arrêté le 2 février par des hommes en civil, alors qu'il se trouvait sur son lit d'hôpital. Il est en prison depuis.

Raymond Malonga est poursuivi pour « diffamation », pour avoir publié un article sur des accusations de détournements de fonds présumés par la femme du puissant Jean-Dominique Okemba, patron du Conseil national de sécurité. Ses proches s'inquiètent pour sa santé, tandis que RSF dénonce une détention « arbitraire ».

Au #Congo🇨🇬, la campagne électorale s'est ouverte avec un journaliste, Raymond Malonga, détenu illégalement depuis plus d'un mois.

➡️ @RSF_inter demande sa libération. L'état de droit doit primer sur la loi du plus fort. #FreeMalonga https://t.co/FAygsFIt8d pic.twitter.com/qQEws9ggpF

- RSF (@RSF_inter) March 5, 2021

Cette détention est arbitraire. On a utilisé la force pour régler son compte à ce journaliste, en le jetant en prison. (...) Le maintien en détention de Raymond Malonga jette le discrédit sur le respect de l'état de droit au Congo. C'est de bien mauvais augure, alors que nous sommes en pleine campagne électorale pour la présidentielle dans ce pays.

Arnaud Froger, responsable Afrique de Reporters sans frontière, sur la détention de Raymond Malonga

Florence Morice

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