Sénégal: Interrogations sur la présence de «nervis» dans les manifestations

Le Sénégal est secoué par des manifestations et des violences liées à l'affaire impliquant Ousmane Sonko. L'opposant accusé de viol est actuellement en garde à vue pour « troubles à l'ordre public ». Des responsables de la majorité appellent à laisser la justice faire son travail. Dans ce contexte très tendu, des questions se posent sur la présence de « nervis » dans les manifestations de ces derniers jours, des « hommes de main » visibles aux côtés des forces de défense et de sécurité.

Des pick-ups non-immatriculés démarrent en trombe derrière les véhicules de la police en centre-ville de Dakar. À leur bord, se trouvent de jeunes hommes casqués. Dans un autre secteur, le même genre de scène se reproduit avec des individus tenant des bâtons. Qui sont ces hommes visibles cette semaine aux côtés des forces de l'ordre ? Quel est leur objectif ? À qui répondent-ils ? Plusieurs organisations de la société civile interpellent les autorités.

« Ce sont des personnes qui ne sont pas en tenue, des gros bras armés de gourdins, et d'une arme qui n'est pas conventionnelle en tout cas en termes de maintien de l'ordre dans notre pays, explique Sadikh Niass, secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Radhho). Ce n'est pas nouveau. Il nous faut encore mener des enquêtes pour savoir si ce sont des renforts recrutés par les forces de sécurité ou bien est-ce que ce sont les partis politiques, voire le parti au pouvoir, qui les ont recrutés ? »

Le ministre de l'Intérieur n'a pas évoqué cette question dans sa déclaration officielle vendredi 5 mars au soir. Mais interrogé au premier jour des manifestations mercredi 3 mars par la radio RFM, Félix Antoine Diome bottait en touche. « Moi, je ne connais pas de nervis. Je connais des forces de défense et de sécurité, a-t-il martelé. Et les forces de défense et de sécurité s'habillent aussi bien en tenue militaire ou policières qu'en tenue civile ».

Le Forum civil, section sénégalaise de Transparency International, a envoyé un courrier au ministère de l'Intérieur pour demander des « éclairages ».

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