Sénégal: Après trois jours d'émeutes à Dakar, l'heure est au bilan des dégâts

Ousmane Sonko, président du parti Pastef, opposition sénégalaise

Au lendemain de trois jours d'émeutes et de contestation, l'heure est au bilan des dégâts dans plusieurs secteurs de Dakar. La capitale sénégalaise porte encore les traces des manifestations.

Mais elle reste calme pour le moment alors que l'arrestation de l'opposant politique Ousmane Sonko, en garde à vue pour trouble à l'ordre public, agite le pays depuis plusieurs jours et que le « mouvement de défense de la démocratie » (M2D) appelle à des manifestations sur tout le territoire pendant 3 jours à partir de lundi.

Un conteneur a été placé devant les portes de ce magasin Auchan du quartier du Sacré-coeur. À l'intérieur du magasin, il ne reste plus une seule marchandise. Tout a été dévalisé dans la nuit par des jeunes en marge des manifestations de soutien à Ousmane Sonko. Bassirou Ba est à la tête d'une entreprise de nettoyage, prestataire d'Auchan. Les pieds dans les déchets, il constate les dégâts.

« Il n'y a rien à récupérer, déplore-t-il. Ils ont tout saccagé et ils ont tout pris. Puis ils ont ouvert les robinets et laissé l'eau couler. Cela veut dire que toutes les marchandises étaient mouillées, irrécupérables, devenues poubelles. Tout est gâté, nous n'avons plus rien dans la réserve ».

Demba Sow, un riverain, ne comprend pas pourquoi les supermarchés ont été attaqués. « Cela nous fait honte, déclare-t-il. Nous, on veut la paix. Ousmane Sonko, la paix. Macky Sall, la paix ». Cyprien, un jeune Sénégalais de 25 ans, n'est pas sorti dans la rue. S'il soutient les jeunes manifestants, il dénonce les saccages et le gaspillage. « Les jeunes manifestent parce qu'ils sont en colère, parce qu'il n'y a pas de travail, estime-t-il. Le président fait du mal aux Sénégalais. On veut que le président soit indulgent envers la population. Il doit écouter les gens pour mieux gouverner ».

Appels au calme

Accusé de viol et de menaces, Ousmane Sonko est convoqué ce 8 mars devant le juge d'instruction. De nombreuses réactions ont suivi les émeutes dans le pays. La Cédéao a condamné les violences qui ont fait quatre morts, selon un bilan du ministère de l'Intérieur. L'organisation ouest-africaine a appelé toutes les parties à la « retenue et au calme ».

Le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a également exprimé sa préoccupation. Dans un communiqué, il a condamné « les actes de violence et de pillage et toute velléité séditieuse ». De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit « très préoccupé » et a appelé « à éviter une escalade ».

Au Sénégal, le Parti socialiste, membre de la coalition présidentielle, dit craindre que la politisation de l'affaire Sonko soit un prétexte pour déstabiliser le pays. Le Parti démocratique sénégalais (PDS) de l'ancien président Abdoulaye Wade, s'est dit, lui, « opposé à toute tentative de musellement ou de liquidation d'un opposant par des méthodes non-conventionnelles ». Il a appelé à la retenue et condamné la violence de tout bord.

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