Maroc: Stock des vaccins au bord de la rupture

De nouveaux arrivages des premières doses ardemment attendus

S i le Maroc est considéré par le Bureau de l'Organisation de la santé mondiale à Rabat, comme étant l'un des dix pays dans le monde à avoir réussi leurs campagnes de vaccination, classé entre le Danemark et la Turquie, il n'en reste pas moins qu'il y aurait quelques inquiétudes à nourrir au vu des retards dans la livraison des doses attendues. Dès lors, tout défaut d'approvisionnement peut ralentir la campagne de vaccination sans que les Etats n'aient forcément leur mot à dire, étant pieds et poings liés aux quantités de vaccins qui leur sont livrées. C'est connu, en période de pandémie, les labos mènent la dance.

Jusqu'ici, le Maroc n'a pas été confronté à cette situation. Mais ça risque de ne pas tarder. En effet, ces derniers jours, la cadence de vaccination dans le Royaume ne se compte plus en centaines de milliers, mais plutôt en dizaines de milliers. Jeudi, 75.000 personnes ont eu leur première dose de vaccin, alors qu'elles étaient 250.000 il y a une semaine jour pour jour. Pourquoi ? Tout simplement, car sur les 8 millions de doses livrées jusqu'à présent par AstraZeneca et CNBG Sinopharm, le stock réservé aux premières doses, soit la moitié, a fondu comme neige au soleil en l'absence d'approvisionnement constant. En conséquence, il reste encore de quoi administrer la première dose à 254.827 personnes, avant la rupture de stock.

Pour l'heure, le ministère de la Santé refuse catégoriquement de s'exprimer sur le calendrier de livraison. Pour le droit à l'information, il va falloir repasser. Du coup, il n'y a aucune visibilité sur une prochaine livraison de vaccin. Rappelons que la dernière livraison date du 24 février. Un million de doses ont été envoyées par Sinopharm. Pour AstraZeneca, la dernière livraison commence à faire date. Rien de bien étonnant. Il y a quelques semaines Adar Poonawalla, le directeur général de Serum Institute of India, avait demandé à ses clients dans un tweed de la patiente. "L'Institut a été chargé de donner la priorité aux besoins énormes de l'Inde, tout en assurant les besoins du reste du monde. Nous faisons de notre mieux", a-t-il expliqué.

Finalement, le plus franc succès des autorités sanitaires marocaines est symbolisé par la stratégie vaccinale adoptée. A savoir réserver la deuxième dose à ceux qui ont reçu la première. Il vaut mieux avoir 4 millions de personnes vaccinées que cinq ou six mais à moitié. A la date du jeudi 4 mars, au total, 3,82 millions de citoyennes et citoyens prioritaires ont reçu la première dose, et 413.000 la deuxième.

A l'évidence, on est encore loin de l'objectif fixé par le ministère de la Santé, qui prévoyait que les Marocains allaient reprendre une vie normale au début du mois de Ramadan. Alors que près de 26 millions de Marocains sont censés encore être vaccinés d'ici au début du mois sacré, on peut d'ores et déjà vous assurer que c'est plus que serré. Les autorités sanitaires vont devoir revoir leurs ambitions à la baisse et surtout inciter les gens à redoubler de vigilance. C'est une réalité, les mesures barrières tout comme les masques sont tombés. On se croirait dans l'ancien monde. Or, le nouveau coronavirus poursuit sur sa lancée avec 16 nouveaux décès enregistrés (jeudi) portant le cumul à 8.669 décès et le taux de létalité à 1,8%. Tandis que 394 nouveaux cas de contamination ont été détectés pour 13.020, soit un taux de positivité de 3%.

C.C

L'Italie confisque. L'UE applaudit

Des rumeurs persistantes évoquent la réception imminente d'une quantité de vaccins sur le tarmac de l'Aéroport Mohammed V de Casablanca, faisant du Maroc un privilégié comparé à d'autres pays. Pour preuve, l'Australie qui a vu le gouvernement italien bloquer l'exportation de quelque 250.000 doses du vaccin d'AstraZeneca qui lui étaient initialement destinées. Une première en Europe, illustrant un protectionnisme d'un autre temps. Si Rome a pu bloquer l'exportation du Covidshield produit sur le Vieux continent et en partance pour l'Australie, c'est en vertu d'un mécanisme de contrôle mis en place par Bruxelles. Les dés étaient jetés bien en amont. Puisque dès le 26 février, Rome à la Commission européenne n'a émis aucune objection. Pour sa part, le ministère des Affaires étrangères a précisé jeudi soir dans un communiqué que ce refus d'exportation portait sur 250.700 doses du laboratoire suédo-britannique. Une décision justifiée à la fois par «la pénurie persistante de vaccins et les retards d'approvisionnement de la part d'AstraZeneca dans l'UE et en Italie» et par le fait que l'Australie est considérée comme un pays «non vulnérable» par le mécanisme de l'UE. Bref, de toute évidence, l'UE fait la loi concernant les vaccins produits sur le Vieux continent.

A La Une: Maroc

Plus de: Libération

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.