Cote d'Ivoire: Taekwondo - La Fédération se prépare à monter d'un cran

Le taekwondo ivoirien a désormais un statut à défendre. C'est pour garder ce standing international que la communauté nationale a décidé de poser les jalons du futur. Bien que président sortant, Me Bamba Cheick Daniel, père du taekwondo moderne en Côte d'Ivoire, est au four et au moulin pour garantir un avenir paisible à la discipline.

Il n'a pas l'intention de partir sans sécuriser les acquis engrangés sous sa mandature. Il n'y a pas que la bonne organisation mise en place depuis 2009, les titres de champion olympique et mondial, l'enseignement du taekwondo à l'Institut national de jeunesse et des sports, etc. Il y a surtout cet héritage colossal, ce bâtiment imposant qui surplombe l'ex-bidonville, Washington.

Le Centre sportif, culturel et des Tic Alassane Ouattara offert par la Corée, en guise de reconnaissance pour cette visibilité incroyable que la Côte d'Ivoire a donnée à son art martial. « Nous sommes conscients de l'immensité de la tâche que nous laisse le président Bamba Cheick Daniel. C'est un héritage que nous devons préserver. C'est pourquoi nous serons plus regardants sur la personne qui va lui succéder », prévient Me Koné Tidjane, patron du Forum des présidents de Ligue.

Ensemble, avec le bureau sortant, les taekwondo-ins sont en train de mettre en place un mécanisme pour rendre leur Fédération encore plus responsable. Une association sportive capable de se gérer financièrement. En effet, la Fédération ivoirienne de taekwondo, depuis 2009, est créditée d'une organisation exemplaire. Ce qui lui a permis de confisquer, pendant un moment, le prix d'excellence décerné par le Président de la République, pour récompenser les meilleures structures sportives.

La Fédération évolue depuis, en mode pilotage automatique, mais qui a tendance à se reposer sur son président et son entregent pour vivre. Or, nul n'ignore que cette Fitkd est l'une des rares Fédérations sportives dans le pays qui peut se vanter d'avoir plus de 30 000 licenciés. C'est pourquoi les membres ont décidé de créer un mécanisme pouvant conduire à cette autonomie financière.

Pour ce faire, il est prévu une contribution des taekwondo-ins à la vie de la Fédération à travers quelques augmentations sur les tarifs des passages de grades allant de 1000 à 5000 FCfa. Désormais, plus de manipulation des espèces sonnantes à la Fédération. Toutes les transactions se feront via mobile money et la banque, avec les majorations qui seront observées sur certains chapitres, comme les frais d'engagement, les assurances. Le but étant de permettre à la Fédération de réunir le minimum pour s'autogérer et de la rendre encore plus forte.

La démarche du président Bamba Cheick Daniel, qui a toujours une longueur d'avance sur son temps, n'avait pas été bien comprise au départ. Mais grâce à un deuxième tour national des 26 Ligues, pour leur expliquer la nécessité pour chacun de mettre la main à la poche en vue d'aider à garder le cap, la fièvre est tombée. Si tout se passe comme prévu, la Fédération qui a déjà un siège ultra moderne pourra définitivement s'inscrire dans le droit fil de la professionnalisation.

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