Afrique Centrale: Remédier aux "conflits pérennisés" de RDC (1)

Le réseau œcuménique d'Afrique centrale en Allemagne (ÖNZ) propose des pistes pour comprendre les "conflits pérennisés" attisés en RDC par le "poker politique à Kinshasa et [les] conflits locaux dans l'est".

La situation sécuritaire dans l'est de la RDC, ainsi que la pérennisation des conflits dans les deux Kivus, l'Ituri et le Tanganyika, ont fait l'objet d'une rencontre organisée par le Réseau œcuménique d'Afrique centrale en Allemagne (ÖNZ). Des experts originaires de la RDC y ont pris part.

"Conflits pérennisés avec un degré inédit de gravité en RDC : poker politique à Kinshasa et conflits locaux dans l'est", tel est le titre de cette rencontre qui s'est intéressée aux mécanismes qui sont à la base de la déliquescence du contexte sécuritaire dans l'est du Congo.

L'ÖNZ a tenu à rappeler que le Bureau des Nations unies pour les droits de l'homme a rapporté environ 7.000 violations des droits de l'homme de janvier à octobre 2020.

Terre, identité, pouvoir : un triptyque délétère

Pour Nene Morisho, directeur du Pole institute à Goma, il y a lieu de tenir compte du triptyque terre, identité et pouvoir pour comprendre les mécanismes des conflits qui perdurent dans cette partie de la RDC.

"Il y a la lutte pour le contrôle de la terre, il y a les facteurs liés aux aspects identitaires et les facteurs liés au contrôle de pouvoir", explique Nene Morisho, qui poursuit: "Pour ce qui est des conflits liés à la terre c'est beaucoup plus un problème lié à la mauvaise gouvernance des ressources naturelles. Il y a un lien très étroit entre le contrôle de la terre et le contrôle du pouvoir politique." Une situation résumée en ces termes par le chercheur : "Si tu as le contrôle du pouvoir politique et si tu as le contrôle du pouvoir coutumier au même moment, tu contrôles aussi les ressources." Quant au "troisième facteur" qu'il identifie, c'"est celui lié à l'identité. Les conflits identitaires sont légion dans la région, les communautés s'affrontent régulièrement surtout dans un contexte où l'Etat n'est pas suffisamment fort."

Mauvaise gouvernance, absence de l'Etat, il y a lieu de penser que ces conflits ont encore de beaux jours devant eux et pourtant, il existe de nombreuses initiatives, à l'exemple des programmes de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) mis en œuvre au cours des deux dernières décennies par la RDC.

Manque de structure

Mais selon Fred Bauma, directeur de recherche au Groupe d'études pour le Congo (GEC), ces programmes ont échoué jusqu'à présent.

"Je pense qu'il y a beaucoup de problèmes, notamment dans la manière dont les programmes ont été structurés, analyse Fred Bauma. Il y a eu un manque de coordination et de suivi sérieux de la part du gouvernement qui a fait que les gens dans ces centres parfois finissaient par vivre dans une certaine précarité et par se révolter". Et Fred Bauma estime que ces dernières années, ceux qui s'étaient regroupés dans des centres de transit près de Goma, ou même au Sud-Kivu, ont fini par retourner dans la brousse."

Laa question sécuritaire en RDC reste donc centrale dans ce pays où les atteintes aux droits de l'homme persistent dans les provinces des Kivus et de l'Ituri. Une question qui reste bien sûr un véritable défi pour le prochain gouvernement.

Plus de: DW

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